Enseignements tirés du rapport « État de la livraison des applications 2017 »
La transition de HTTP/1.x vers HTTP/2 suscite un vif intérêt en raison de son impact potentiellement disruptif. Compte tenu de l’incompatibilité entre les deux protocoles, le déploiement d’une passerelle permettant aux clients de bénéficier des gains de performances de HTTP/2 sans avoir à procéder à une refonte complète des applications devient une méthode de migration de plus en plus répandue.
Selon W3Techs, qui suit l’évolution de diverses technologies web sur les sites les plus populaires, HTTP/2 est utilisé par 10,9 % de l’ensemble des sites web en décembre 2016. Fait intéressant, 25 % des répondants à notre enquête State of Application Delivery 2017 ont déployé une passerelle HTTP/2, et 27 % indiquent prévoir d’en déployer une au cours des 12 prochains mois. Certes, déployer un service ne signifie pas nécessairement l’utiliser, mais il est raisonnable de supposer que la plupart des organisations ne déploient pas de services qu’elles n’utilisent pas réellement.

Les secteurs les plus offensifs peuvent, à première vue, surprendre. Les fournisseurs de services cloud (CSP), les administrations publiques et le secteur des ressources naturelles sont en tête des déploiements existants. Les CSP, le secteur de la santé et l’industrie manufacturière sont les secteurs qui prévoient les déploiements les plus ambitieux au cours des douze prochains mois.
Fait intéressant, les plans d’investissement des secteurs prévoyant de déployer des passerelles HTTP/2 témoignent également d’un engagement en faveur des applications mobiles. Les ressources naturelles (38 %), la santé (35 %) et les administrations publiques (31 %) arrivent en tête des secteurs prévoyant d’investir dans ce domaine. Environ une organisation sur cinq, tous secteurs confondus (à l’exception de l’éducation, où cette proportion est légèrement inférieure), prévoit d’investir dans les applications mobiles en 2017.
Cela est pertinent dans le contexte de HTTP/2, car les applications mobiles sont connues pour souffrir de nombreux problèmes de performances que la dernière norme prétend résoudre. Cela pourrait expliquer l’intérêt quelque peu surprenant que portent à HTTP/2 des secteurs traditionnellement peu à la pointe de la technologie. Une preuve supplémentaire, peut-être, de l’importance de l’économie numérique et de la transformation des entreprises, quel que soit leur secteur d’activité.
Si beaucoup envisagent la transformation numérique sous l’angle des applications destinées aux consommateurs et des solutions numériques remplaçant les communications traditionnelles sur papier, une grande partie de cette transformation s’opère en interne, avec pour objectif d’améliorer la productivité dans tous les secteurs d’activité. Les processus métier sont orchestrés, les tâches automatisées, et l’ensemble est lancé, alimenté et géré par des mécanismes numériques. Des applications web aux applications mobiles en passant par les objets connectés, une grande partie de la transformation numérique doit s’effectuer en interne, loin des projecteurs braqués sur ce qu’une organisation propose aux consommateurs.
En fait, Apperian, dans son Rapport 2016 sur la mobilité d’entreprise à l’intention des dirigeants, a indiqué que « les principaux avantages de la mobilité comprennent l’amélioration des processus métier et de la productivité, citée par 53 % des personnes interrogées ». Plus précisément, 56 % des personnes interrogées considèrent que les applications de productivité ont l’impact le plus positif sur l’activité (mesuré en termes de gains de productivité, de retour sur investissement, etc.), tandis que la moitié (50 %) cite les applications de service sur le terrain.
Les secteurs liés aux ressources naturelles, qui englobent notamment les personnes évoluant dans des environnements naturels très variés, ne disposent souvent d’une connexion que par l’intermédiaire d’appareils mobiles. Les capteurs et les objets connectés favorisent le développement de l’industrie manufacturière, mais tous doivent encore communiquer avec le « système central ». Quant aux fournisseurs de services cloud… eh bien, ils commencent enfin à répondre aux besoins des entreprises en matière de services applicatifs, afin de rendre les applications plus rapides et plus sûres, tant pour les consommateurs que pour les utilisateurs professionnels. Cela semble contribuer, du moins en partie, à l’intérêt croissant porté à HTTP/2.
La transformation numérique de l’entreprise doit nécessairement se refléter dans les technologies et les outils utilisés pour la mettre en œuvre. Cela implique de recourir à des technologies telles que les passerelles HTTP/2, qui répondent aux problématiques susceptibles d’empêcher les organisations d’en tirer pleinement parti.
À propos de l’auteur

Lori MacVittie est ingénieure émérite et évangéliste en chef au sein du bureau du directeur technique de F5. Elle possède une expertise approfondie dans la fourniture d’applications, les stratégies d’automatisation et les infrastructures. Elle est réputée pour sa capacité à rendre la complexité intelligible, qu’elle définisse des garde-fous pour les agents d’IA, analyse des architectures multicloud fragiles ou explore les limites des systèmes évolutifs. Elle cumule plus de trente ans d’expérience dans le secteur, couvrant le développement d’applications, l’architecture informatique ainsi que l’exploitation des réseaux et des systèmes. Avant de rejoindre F5, elle a été rédactrice spécialisée dans les technologies et a reçu plusieurs distinctions. MacVittie est titulaire d’un master en informatique et est une autrice prolifique dont les publications couvrent la sécurité, le cloud et l’architecture d’entreprise. Elle est également une passionnée de jeux de société et de jeux vidéo, et assume pleinement ses avis bien tranchés sur le fromage.
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