Forme ou fonction : la NFV dans l’entreprise

Écosystème F5 | 27 juillet 2015

Jim Metzler a récemment signé un excellent article ouvrant le débat autour de la question suivante : « La NFV a-t-elle sa place dans l’entreprise ? » Il souligne notamment que

“« Je ne connais aucune entreprise qui virtualise actuellement, ou qui virtualisera un jour, l’ensemble des fonctionnalités sur lesquelles l’ETSI se concentre, car bon nombre d’entre elles ne sont tout simplement pas adaptées à un réseau d’entreprise. Cependant, la majorité des entreprises ont virtualisé au moins certaines fonctionnalités. » ”

Je pense qu’il est important de commencer par préciser que le sigle NFV se compose de trois éléments distincts : Network Functions Virtualization.

Curieusement, les fournisseurs de services ont tendance à se focaliser sur les fonctions réseau qui seront virtualisées, puis orchestrées au sein d’un formidable workflow automatisé. Du point de vue d’un fournisseur de services, cela se comprend : l’ensemble de son réseau SGi regorge de boîtiers conçus pour acheminer le trafic de son réseau mobile vers Internet, tout en générant des revenus grâce à des fonctions de services à valeur ajoutée. La virtualisation de ces fonctions est judicieuse sur les plans économique et opérationnel. Mais leur objectif final est d’acheminer le trafic. Un trafic qui est catégorisé selon sa nature — vidéo, texte, communications unifiées — mais qui, en définitive, ne tient pas compte de l’application elle-même. Qu’il s’agisse de YouTube ou de Vimeo n’a pas vraiment d’importance ; ce qui compte, c’est que le trafic soit de la vidéo et que les abonnés s’attendent à ce que toutes les vidéos soient lues sans accroc sur leur tout dernier iGizmo.

Les entreprises, en revanche, ont tendance à se focaliser sur la forme, c’est-à-dire sur la virtualisation du réseau ainsi que sur l’agilité et les économies qui la caractérisent. Leur objectif principal est l’expérience applicative ; les performances et la sécurité des applications sont primordiales, ce qui implique de plus en plus de mettre en place un modèle de services propre à chaque application, économiquement impossible à pérenniser sans recourir à la virtualisation, du moins pour les services liés à des applications spécifiques. Elles se concentrent donc sur la virtualisation car elles doivent tirer parti de la possibilité d’utiliser du matériel COTS, de réduire les délais d’acquisition et de déploiement, et de doter l’informatique de services grâce à l’automatisation et à l’orchestration, afin de limiter l’impact opérationnel du nombre croissant de services au sein de leur infrastructure.

Cela signifie qu’il y aura une NFV destinée aux entreprises, mais il est peu probable qu’il s’agisse de « la » NFV telle qu’elle est envisagée et mise en œuvre par les fournisseurs de services. Je continue de penser que la NSV (virtualisation des services réseau) sera vraisemblablement la forme que prendra la NFV dans les entreprises, car elle correspond davantage à leur tendance à privilégier la forme plutôt que la fonction.

Les deux approches sont tout aussi valables, bien entendu. Mais une entreprise n’est pas un fournisseur de services, et inversement, ce qui conduit, si vous voulez, à des variations sur un même thème. Souvenez-vous : au début de ce siècle, l’IMS était l’architecture dominante dans les réseaux des fournisseurs de services. L’IMS reposait fondamentalement sur une architecture SOA, mais dans une perspective très axée sur les opérateurs. Les deux n’étaient pas « interchangeables », même s’ils reposaient sur les mêmes principes fondamentaux.

Nous verrons donc probablement apparaître une variante de la NFV destinée aux entreprises (je mise sur la NSV, mais vous le saviez déjà). Cependant, tout comme les enfants sont des copies superficielles* de leurs parents, la NFV d’entreprise le sera également de son modèle destiné aux fournisseurs de services.

* J’emploie ce terme au sens informatique, un peu comme lorsqu’on distingue le passage de paramètres par valeur du passage par référence. Ça ne vous aide pas vraiment, n’est-ce pas ? Faites-moi confiance, ce n’est pas si compliqué.

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Mots-clés : 2015

À propos de l’auteur

Lori Mac Vittie
Lori Mac VittieIngénieur émérite et évangéliste en chef | F5

Lori MacVittie est ingénieure émérite et évangéliste en chef au sein du bureau du directeur technique de F5. Elle possède une expertise approfondie dans la fourniture d’applications, les stratégies d’automatisation et les infrastructures. Elle est réputée pour sa capacité à rendre la complexité intelligible, qu’elle définisse des garde-fous pour les agents d’IA, analyse des architectures multicloud fragiles ou explore les limites des systèmes évolutifs. Elle cumule plus de trente ans d’expérience dans le secteur, couvrant le développement d’applications, l’architecture informatique ainsi que l’exploitation des réseaux et des systèmes. Avant de rejoindre F5, elle a été rédactrice spécialisée dans les technologies et a reçu plusieurs distinctions. MacVittie est titulaire d’un master en informatique et est une autrice prolifique dont les publications couvrent la sécurité, le cloud et l’architecture d’entreprise. Elle est également une passionnée de jeux de société et de jeux vidéo, et assume pleinement ses avis bien tranchés sur le fromage.

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