À l’aube de la nouvelle année, une lueur d’espoir laissait penser que les organisations étaient peut-être en train de prendre l’avantage dans la lutte contre les rançongiciels. Après une année 2021 mouvementée, marquée par une recrudescence des attaques sophistiquées à fort impact, les statistiques semblaient encourageantes. La part des incidents liés aux rançongiciels est passée de 21 % en 2021 à 17 % en 2022. Et les paiements de rançons ont chuté de 765,6 millions de dollars à 456,8 millions de dollars.
Un optimisme prudent laissait espérer que le pire était peut-être derrière nous. Mais au fil de l’année 2023, une dure réalité s’est imposée. Dans un paysage des menaces en constante évolution, les rançongiciels ont continué à faire des ravages tout en prenant une nouvelle tournure. Alors que le chiffrement des données et leur prise en otage caractérisaient depuis des années les attaques par rançongiciel, les cybercriminels ont ajouté une nouvelle technique à leur arsenal : les attaques sans chiffrement.
Évolution des rançongiciels
Les attaques par rançongiciel constituent une menace pour les entreprises depuis des années. À leurs débuts, les cybercriminels s’introduisaient généralement dans le système d’une victime, chiffraient ses données précieuses à l’aide de méthodes de chiffrement robustes, puis exigeaient une rançon en échange de la clé de déchiffrement. La victime se trouvait alors face à un dilemme assez simple : payer la rançon ou risquer de perdre l’accès à des données critiques.
Pour préserver leur efficacité, les groupes de rançongiciels ont alors élaboré de nouvelles tactiques. Par exemple, la double extorsion, qui consiste non seulement à chiffrer vos données, mais aussi à menacer de divulguer publiquement les informations volées ou de les vendre sur le dark web, a fait son apparition avec une première affaire très médiatisée en 2019. Peu après, la triple extorsion, qui va encore plus loin que la double extorsion en exploitant des informations sensibles concernant les clients, les proches ou d’autres entités liées à la victime, a commencé à faire parler d’elle en 2020.
Attaques sans chiffrement
Aujourd’hui, les cybercriminels spécialisés dans les rançongiciels continuent de faire évoluer leurs stratégies. Les entreprises sauvegardent désormais couramment leurs données, tandis que des outils de déchiffrement sont développés pour neutraliser les différentes variantes de rançongiciels. Plutôt que de se lancer dans le long processus de chiffrement des données, les acteurs malveillants s’en passent donc complètement. Ils cherchent à accéder à des données sensibles, puis menacent de les rendre publiques ou de les vendre aux enchères.
Une attaque sans chiffrement repose davantage sur la pression psychologique pour contraindre les victimes à payer la rançon. Sa rapidité, sa simplicité et sa complexité technique moindre par rapport aux attaques reposant sur le chiffrement rendent cette technique préoccupante.
Les attaques sans chiffrement peuvent notamment avoir les conséquences suivantes :
- Demandes de rançon plus rapides. Avec les attaques sans chiffrement, les cybercriminels peuvent exiger une rançon plus rapidement puisqu’ils suppriment l’étape du chiffrement. Les victimes subissent alors une forte pression pour payer afin d’éviter que leurs données ne soient divulguées.
- Atteinte à la réputation. La simple menace d’une divulgation de données peut avoir de graves répercussions sur les entreprises. Le vol d’informations sensibles, notamment de données clients, de documents financiers ou de propriété intellectuelle, peut considérablement ébranler la confiance des clients, des partenaires et du public.
- Conséquences réglementaires. Les entreprises qui traitent des données personnelles ou sensibles sont soumises à diverses réglementations gouvernementales et sectorielles en matière de protection des données. En cas de violation de données, de lourdes amendes et des répercussions juridiques peuvent aggraver les conséquences financières et rendre la situation encore plus difficile à gérer.
BianLian
BianLian est un exemple de groupe cybercriminel s’étant tourné vers les rançongiciels sans chiffrement. Selon un avis de cybersécurité publié par le FBI, la CISA et l’Australian Cyber Security Centre, BianLian cible des infrastructures critiques et des organisations aux États-Unis et en Australie depuis juin 2022.
Le groupe de cybermenace utilisait initialement un modèle de double extorsion, mais depuis le début de l’année, il s’est principalement tourné vers l’extorsion fondée sur l’exfiltration de données.
Récemment, BianLian aurait pris pour cible Save the Children. Le groupe affirme avoir dérobé 6,8 To de données à l’organisation à but non lucratif, notamment des informations financières, personnelles et médicales. En septembre, l’enquête était toujours en cours.
Protéger votre entreprise
Les prévisions indiquent que les rançongiciels coûteront à leurs victimes environ 265 milliards de dollars par an d’ici 2031. Les entreprises doivent adopter une approche proactive et mettre en place un cadre de sécurité Zero Trust afin de lutter efficacement contre les attaques sans chiffrement et l’évolution constante des menaces liées aux rançongiciels.
Le principe directeur du modèle Zero Trust est le suivant : ne faites jamais confiance aveuglément ; vérifiez systématiquement. Aujourd’hui, près de 90 % du trafic Internet est chiffré, et la plupart des logiciels malveillants et des menaces se dissimulent dans ce trafic chiffré. Si vous souhaitez protéger vos applications, vos données et votre organisation contre des logiciels malveillants tels que les rançongiciels, tout en mettant en place un environnement Zero Trust complet, vous ne pouvez pas vous permettre de ne pas inspecter le trafic chiffré.
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