Trois types de cloud computing : cloud privé, cloud public et cloud hybride

Écosystème F5 | 12 juin 2025

Le cloud computing, qui consiste à fournir des services et des ressources informatiques par l’intermédiaire d’un réseau tel qu’Internet, fait désormais partie intégrante des activités quotidiennes des entreprises et des consommateurs. Il remplace le modèle traditionnel fondé sur la possession et la maintenance d’une infrastructure informatique par une approche plus flexible, axée sur les services et accessible partout et à tout moment, favorisant ainsi l’agilité et l’innovation.

Cet article compare les clouds privés, publics et hybrides, et examine les avantages de chacun. Il aborde également la complexité des environnements de cloud hybride et les meilleures façons de relever ces défis.

“Si le cloud computing offre de nombreux avantages, il introduit également des niveaux de complexité qui touchent aux domaines technique, opérationnel, financier et réglementaire, et que les entreprises et les organisations doivent gérer avec soin.”

Le cloud computing s’est généralisé grâce à son évolutivité, sa flexibilité et son rapport coût-efficacité. Toutefois, s’il offre de nombreux avantages, il introduit également des niveaux de complexité qui touchent aux domaines technique, opérationnel, financier et réglementaire, et que les entreprises et les organisations doivent comprendre et gérer avec soin. Selon le rapport F5 2025 sur l’état de la stratégie applicative, 94 % des organisations interrogées gèrent des applications sur plusieurs sites ou selon différents modèles de déploiement, et les organisations indiquent faire appel à quatre fournisseurs de cloud public différents en valeur médiane.

Il existe trois grands modèles de cloud computing. Les déploiements dans le cloud public permettent aux organisations d’héberger des applications et des données sur des ressources informatiques partagées appartenant à un fournisseur de services tiers. Le cloud public donne accès à des ressources informatiques presque illimitées, permettant ainsi aux organisations de réaliser d’importantes économies d’échelle sans avoir à investir dans du matériel pour centre de données.

Les déploiements de cloud privé reposent sur une infrastructure cloud dédiée — et non partagée — contrôlée par une organisation, même si ces ressources informatiques peuvent être exploitées par un tiers ou hébergées dans un centre de données privé. Le cloud privé associe les avantages de la technologie cloud — tels que l’évolutivité flexible et la virtualisation — à la sécurité et à la gouvernance des environnements informatiques traditionnels.

Le cloud hybride combine une infrastructure de cloud public avec une infrastructure de cloud privé ou sur site, ce qui permet aux organisations de choisir le modèle informatique le mieux adapté à leurs besoins. Le principal avantage du cloud hybride réside dans son agilité : les organisations peuvent augmenter ou réduire leurs ressources de calcul en fonction de la demande et choisir où traiter leurs charges de travail selon des critères tels que le renforcement de la sécurité des données ou le niveau de sensibilité des charges de travail. Comme le cloud hybride réunit les avantages des clouds publics et privés, de nombreuses organisations adoptent ce modèle en déployant leurs charges de travail sensibles sur une infrastructure de cloud privé, tout en tirant parti du cloud public pour les opérations moins critiques et l’extension des ressources à la demande.

Qu’est-ce qu’un cloud public ?

Le cloud public est un modèle informatique dans lequel des services tels que le stockage, les serveurs et les applications sont fournis via Internet ou d’autres réseaux par des prestataires tiers, comme Amazon Web Services (AWS), Microsoft Azure et Google Cloud. Ces ressources sont partagées entre plusieurs utilisateurs, ou « locataires », et sont accessibles à la demande, généralement selon un modèle de tarification à l’usage.

Pour les organisations, le principal avantage des déploiements dans le cloud public réside dans l’accès à des ressources informatiques hautement évolutives et flexibles, sans avoir à investir dans une infrastructure physique de centre de données ni à en assurer la maintenance. Le cloud public est idéal pour les charges de travail nécessitant un provisionnement rapide, une portée mondiale ou devant répondre à une demande variable.

Cependant, le modèle de tarification à l’usage du cloud computing peut entraîner des coûts élevés en cas d’utilisation continue. La sécurité peut également poser problème, car le cloud computing repose généralement sur un modèle de sécurité dit de « responsabilité partagée », qui répartit les responsabilités en matière de sécurité entre le fournisseur de services cloud (tel qu’AWS ou Google Cloud) et le client. Si le fournisseur est chargé de sécuriser l’infrastructure cloud (notamment les centres de données physiques, les serveurs et les réseaux), le client doit quant à lui sécuriser ce qu’il place dans le cloud, notamment les applications, les données et les charges de travail. La nature dynamique des environnements cloud peut compliquer le suivi et l’application, par le client, de politiques et de contrôles de sécurité cohérents dans le cloud, tandis qu’une visibilité limitée sur les charges de travail cloud peut rendre difficile la détection d’anomalies ou d’accès non autorisés aux données du client. Il est essentiel de bien comprendre où s’arrête la responsabilité du fournisseur et où commence celle du client afin d’éviter les failles de sécurité, les manquements aux exigences de conformité et les erreurs de configuration coûteuses.

Qu’est-ce qu’un cloud privé ?

Dans le cloud privé, les technologies, infrastructures, ressources et services cloud sont réservés à l’usage exclusif d’une seule organisation, qui conserve ainsi un niveau élevé de contrôle et de sécurité sur les ressources cloud. Contrairement aux clouds publics, qui desservent plusieurs clients, un cloud privé offre un environnement cloud dédié garantissant davantage de contrôle, de personnalisation et de sécurité, ce qui le rend particulièrement intéressant pour les organisations ayant des exigences spécifiques en matière de performances ou de conformité.

Les principaux avantages du modèle de cloud privé comprennent une sécurité et une confidentialité des données renforcées, puisque les ressources cloud dédiées évitent tout partage d’infrastructure avec d’autres organisations. Cela permet également de mieux contrôler les configurations et les logiciels, afin d’optimiser l’infrastructure spécifiquement pour les charges de travail de l’organisation ou de répondre à des besoins métier particuliers.

Parmi les inconvénients du modèle de cloud privé figure le risque de coûts plus élevés, car les clouds privés sur site nécessitent d’importants investissements initiaux en matériel, en logiciels et en autres ressources informatiques. Les dépenses d’exploitation récurrentes, notamment en matière d’électricité, de licences et de maintenance, peuvent également être élevées. L’exploitation d’un cloud privé sur site nécessite en outre un personnel informatique qualifié pour gérer l’infrastructure, la virtualisation, la sécurité et les mises à jour.

Les clouds privés se déclinent sous plusieurs formes, selon le mode et le lieu de déploiement de l’infrastructure, ainsi que l’entité qui en assure la gestion.

  • Un cloud privé sur site est entièrement hébergé dans le propre centre de données d’une organisation et géré par son équipe informatique interne, ce qui lui confère un contrôle total sur le matériel, les logiciels et les données de son cloud privé. Ce modèle convient aux organisations soumises à des exigences strictes en matière de conformité ou de souveraineté des données.
  • Un cloud privé virtuel (VPC) est un environnement logiquement isolé au sein d’une ressource de cloud public (telle qu’AWS), qui utilise des technologies de segmentation réseau comme les réseaux privés virtuels (VPN) ou les réseaux locaux virtuels (VLAN) afin de reproduire les garanties de sécurité ou de conformité d’un cloud privé.
  • Les clouds privés hébergés sont proposés par des fournisseurs tiers, qui réservent les ressources cloud de leurs centres de données publics à une seule organisation. Les organisations peuvent ainsi exécuter des charges de travail dans un environnement isolé tout en bénéficiant de l’infrastructure informatique du cloud public.
  • Un cloud privé géré est un environnement de cloud privé, sur site ou hébergé, entièrement administré par un prestataire de services tiers qui prend en charge la configuration, la surveillance, la maintenance, les mises à jour et l’assistance du cloud. Les entreprises peuvent ainsi bénéficier des fonctionnalités du cloud privé sans mobiliser leurs ressources informatiques internes pour sa gestion.

Cloud public ou cloud privé : comment choisir ?

Le choix entre des modèles de cloud public et de cloud privé nécessite une évaluation minutieuse des objectifs stratégiques de l’organisation, de ses exigences de conformité, de son budget, ainsi que des caractéristiques des applications et des charges de travail concernées.

Les critères d’évaluation doivent inclure :

  • Sécurité des données. Vos applications utilisent-elles des données personnelles, financières, médicales ou d’autres données sensibles ? Certains types de données ou certaines charges de travail sont-ils soumis à des exigences de conformité spécifiques, telles que celles imposées par la loi HIPAA ? Les clouds privés sont recommandés pour les charges de travail fortement réglementées qui nécessitent des contrôles d’accès stricts ou la confidentialité des données.
  • Évolutivité pour les pics de trafic. Vos applications doivent-elles prendre en charge des hausses périodiques du trafic, par exemple pendant les achats de fin d’année, ou des pics de demande imprévisibles ? Si tel est le cas, le modèle d’utilisation flexible du cloud public est idéal pour les charges de travail et les flux de données très dynamiques.
  • Réglementations relatives à la souveraineté des données. Les organisations présentes dans des pays dotés de lois sur la protection des données peuvent être soumises à des contrôles stricts concernant la manière dont les données personnelles sont collectées, stockées et transférées, ainsi que les lieux où elles le sont. Les clouds privés offrent un meilleur contrôle sur la localisation des données, ce qui les rend particulièrement adaptés au respect des exigences de souveraineté des données. Les fournisseurs de cloud public exploitent souvent des centres de données à l’échelle mondiale, susceptibles de répliquer ou de déplacer les données au-delà des frontières sans contrôle explicite de la part du client.
  • Réactivité. La plupart de vos charges de travail nécessitent-elles une faible latence ou un débit élevé, ou la stabilité des performances est-elle essentielle ? Les utilisateurs s’attendent-ils à une latence quasi nulle en permanence ? Le cloud privé est idéal pour les applications exigeantes en matière de performances et pour lesquelles la latence est critique.
  • Besoins en ressources de calcul. Vos applications doivent-elles traiter d’énormes volumes de données, par exemple pour l’analyse du Big Data ou l’IA générative, nécessitant ainsi d’importantes capacités de stockage et de calcul ? Les clouds publics sont souvent privilégiés pour les charges de travail liées au Big Data et à l’IA, car ils permettent d’adapter de manière élastique les ressources de calcul et de stockage afin de répondre aux besoins de traitement de vastes jeux de données, d’entraînement de modèles d’IA ou d’exécution d’analyses par lots.

Qu’est-ce qu’un cloud hybride ?

Parfois, la meilleure approche du cloud computing consiste, pour les organisations, à combiner des clouds publics et privés : c’est ce que l’on appelle le cloud hybride. Il s’agit d’un environnement informatique mixte qui associe une infrastructure de cloud public au cloud privé ou au centre de données sur site d’une organisation.

L’un des principaux avantages du modèle de cloud hybride réside dans la flexibilité qu’il offre pour choisir l’infrastructure la mieux adaptée à des charges de travail et à des cas d’usage spécifiques. Les organisations peuvent migrer et gérer leurs charges de travail entre différents environnements cloud afin d’optimiser les performances de traitement et le contrôle, ou de réduire les coûts en n’utilisant les environnements de cloud privé, plus onéreux, que lorsque cela est nécessaire.

Tableau des principales différences entre le cloud public, le cloud privé et le cloud hybride

Autres modèles de cloud computing : multicloud et cloud communautaire

Bien que le multicloud soit une architecture ou une stratégie de cloud computing reconnue, il ne constitue pas un type distinct de cloud computing. Le multicloud désigne l’utilisation de plusieurs plateformes de cloud public proposées par différents fournisseurs afin de répondre à des besoins métier ou techniques. Par exemple, une organisation peut utiliser AWS pour certaines de ses applications et Microsoft Azure pour d’autres. Une architecture multicloud peut être mise en place de manière fortuite (par exemple, à la suite de la fusion de deux entreprises utilisant chacune des clouds publics différents) ou résulter d’une décision stratégique visant à répondre à diverses exigences métier et à prendre en compte des facteurs tels que les performances, la résilience opérationnelle et la situation géographique.

Le cloud communautaire est une autre stratégie cloud ou un autre modèle de déploiement dans lequel les ressources cloud sont partagées entre plusieurs organisations ayant des exigences communes et devant partager des données, telles que des organismes publics ou des organismes de recherche. La différence entre le cloud hybride et le cloud communautaire réside principalement dans les entités qui partagent l’infrastructure, la manière dont celle-ci est utilisée et les raisons de son utilisation.

Comment gérer la complexité du multicloud hybride

Si la mise en œuvre d’une stratégie de cloud hybride peut apporter de nombreux avantages aux entreprises, elle présente également de multiples défis qui doivent être anticipés. Par exemple, les environnements de cloud hybride sont plus complexes que les infrastructures informatiques traditionnelles, et l’intégration et la gestion de différentes plateformes cloud, d’infrastructures sur site et de services tiers nécessitent des compétences et une expertise spécialisées. L’orchestration des données et des charges de travail dans plusieurs environnements de cloud hybride est essentielle pour garantir une expérience utilisateur cohérente et assurer une parfaite interopérabilité des ressources, où qu’elles se trouvent.

La sécurité reste une préoccupation majeure dans les environnements de cloud hybride. Outre le maintien d’une visibilité sur l’ensemble des environnements, les équipes de sécurité doivent gérer le contrôle des accès, le chiffrement et les identités dans les différents environnements cloud, tout en veillant à ce que leur infrastructure cloud soit conforme aux réglementations du secteur.

Pour relever ces défis, une plateforme convergée de mise à disposition et de sécurisation des applications est essentielle pour les organisations qui exploitent des environnements de cloud hybride. Elle leur permet en effet de bénéficier du contrôle cohérent, de la visibilité unifiée et de l’efficacité opérationnelle nécessaires pour exécuter en toute confiance des applications modernes dans des environnements complexes et distribués. Une plateforme convergée garantit l’application des mêmes politiques et contrôles dans tous les environnements, tandis que l’automatisation et l’orchestration améliorent l’efficacité et rationalisent les opérations afin de réduire la charge de gestion. Des tableaux de bord unifiés offrent une visibilité de bout en bout permettant de suivre les performances des applications, la posture de sécurité, l’activité des menaces et l’état des charges de travail.

Une plateforme convergée de mise à disposition et de sécurisation des applications permet de gérer la complexité des environnements cloud hybrides et doit inclure les six fonctionnalités suivantes.

  • Une plateforme unique qui associe la mise à disposition et la sécurité des applications pour chaque application, car les entreprises ont besoin que ces deux fonctions opèrent de concert.
  • Déployable dans tous les environnements et sous tous les formats, notamment sous forme d’appliance physique, d’appliance virtuelle, de microservices, d’applications cloud natives et de service cloud.
  • Contrôle unifié des politiques, avec une gestion centralisée garantissant des configurations cohérentes pour toutes les charges de travail.
  • Des fonctionnalités avancées d’analyse et d’aide à la décision qui regroupent efficacement les informations, les analyses et la gestion des configurations au sein d’une interface unique.
  • Plans de données entièrement programmables, avec personnalisation et automatisation pour gérer les cas particuliers et les conditions limites.
  • Automatisation complète du cycle de vie pour une utilisation simplifiée.

Découvrez comment la F5 Application Delivery and Security Platform accompagne les organisations et les aide à gérer la complexité des environnements hybrides et multicloud.

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