Le simple fait d’être « en marche » ne suffit pas à mesurer les performances. Ce n’est pas parce qu’une lampe est alimentée qu’elle fournit à l’utilisateur suffisamment de lumière pour voir correctement ce qu’il fait. De nombreux facteurs autres que l’alimentation électrique peuvent influer sur la visibilité. L’ampoule peut éclairer faiblement, soit parce qu’elle arrive en fin de vie, soit parce qu’elle est alimentée, mais pas suffisamment. Si elle ne reçoit pas assez de courant pour conserver une luminosité suffisante, le problème peut venir du câblage ou d’un variateur qui limite le flux électrique. Et même si l’ampoule éclaire vivement, l’abat-jour peut être trop sombre ou la pièce trop grande pour une seule lampe. En bref, de nombreux facteurs influent sur les performances de la lampe et, par conséquent, sur l’expérience de l’utilisateur. De même, pour évaluer les performances et la fiabilité des systèmes et des applications, la mesure traditionnelle de la disponibilité ne suffit pas. La fiabilité dépend également du niveau de service.
Les systèmes et les applications se composent de nombreux éléments — infrastructure, API, sécurité, workflows, logique, données, etc. — réunis dans un but précis, et le simple fait d’être en fonctionnement ne garantit pas leur fiabilité. Comme dans l’analogie de la lampe, il faut pouvoir évaluer et analyser tous les composants afin de garantir des performances et une expérience optimales. Alors que, dans une entreprise physique, détecter une insuffisance du niveau de service peut être aussi simple que de suivre le « parcours client » pour évaluer l’expérience globale, cela peut représenter un défi de taille dans une entreprise numérique. En raison des silos entre les métiers et l’informatique créés par les architectures d’entreprise traditionnelles, il n’est pas toujours facile ni efficace de repérer un problème et d’en trouver la cause profonde. Les responsables métier peuvent penser qu’il existe un problème, contrairement aux équipes informatiques chargées de gérer les composants si tout est « en fonctionnement ». L’ingénierie de la fiabilité des sites (SRE) fait le lien entre les métiers et l’informatique afin de garantir le respect des engagements de l’entreprise au moyen d’objectifs de niveau de service (SLO).
Qu’est-ce que le SRE ?
L’ingénierie de la fiabilité des sites (SRE) est née chez Google au début des années 2000. Selon l’entreprise, elle correspond à « ce que l’on obtient lorsque l’on considère les opérations comme un problème logiciel ». Pour nous, il s’agit d’un ensemble de processus, de pratiques et d’outils, mais aussi d’une culture et d’un état d’esprit visant à créer des systèmes fiables, efficaces et évolutifs qui contribuent aux objectifs de l’entreprise.
Le SRE met l’accent sur des systèmes fiables — et pas seulement disponibles — et évolutifs. Nous précisons qu’il s’agit d’un état d’esprit et d’une culture car, comme pour la sécurité, chacun doit contribuer activement à la qualité et à la fiabilité des systèmes, quel que soit son rôle. Bien qu’il s’agisse également d’une culture et d’un état d’esprit, la pratique du SRE est souvent intégrée à une équipe chargée de fournir un service de bout en bout. Ces équipes sont généralement responsables de l’amélioration du système central et de la promotion de l’innovation en surveillant la disponibilité, la latence, les performances et la reprise, tout en favorisant l’amélioration continue grâce à l’automatisation et à l’efficacité. En substance, elles examinent la pièce dans son ensemble au lieu de simplement vérifier que la lampe est allumée.
Comment le SRE utilise les SLI pour atteindre les SLO
L’ingénierie de la fiabilité des sites définit les mesures des SLO et des SLI (indicateurs de niveau de service) afin d’atteindre les objectifs métier. Plus simplement, le SRE fédère les besoins et les objectifs des équipes de développement, de sécurité et d’exploitation afin de tenir de manière fiable les engagements pris par l’entreprise envers ses clients.
Si l’entreprise s’engage à ce que les utilisateurs disposent en permanence d’un éclairage suffisant pour voir ce qu’ils font (niveau de service), un SLO pourrait consister à maintenir une lampe bien éclairée (disponibilité) tous les 10 pieds carrés. Un autre SLO pourrait définir un MTTR (temps moyen de rétablissement), c’est-à-dire, dans cet exemple, le délai dans lequel les ampoules grillées ou en fin de vie doivent être remplacées. Les SLI correspondent alors aux seuils définis par les ingénieurs en fiabilité des sites et les équipes informatiques pour garantir le respect des SLO, par exemple en surveillant le flux lumineux, l’alimentation électrique de chaque lampe ou les légers changements d’emplacement des lampes lorsque les utilisateurs les heurtent ou les déplacent. Dans les systèmes de livraison d’applications, il pourrait s’agir de l’utilisation du processeur, du temps nécessaire aux appels d’API et aux requêtes de base de données, etc. Il appartient aux ingénieurs en fiabilité des sites de définir les mesures SLI qui ont une incidence sur les SLO de l’entreprise, ainsi que les mesures à prendre lorsqu’elles passent sous certains seuils, en ajustant les politiques d’exploitation et la configuration.
Les avantages du SRE dans les architectures d’entreprise modernes
Les mesures, les seuils et les réponses se situent à l’intersection du SRE et des autres domaines d’une architecture d’entreprise moderne conçue pour assurer la mise à disposition des applications d’une entreprise numérique. Les données opérationnelles — la télémétrie — alimentent l’observabilité des mesures et des seuils définis par le SRE. L’automatisation consiste à combiner des outils, des technologies et des pratiques afin de permettre aux ingénieurs en fiabilité des sites de déployer à grande échelle les réponses définies tout en réduisant les tâches fastidieuses, et ainsi d’atteindre efficacement les SLO d’un service numérique. Enfin, la fiabilité des systèmes qui sous-tendent les services numériques augmente la probabilité d’offrir une expérience utilisateur positive avec votre entreprise numérique.
Pour rappel, le SRE fait le lien entre les efforts de l’informatique et ceux de l’entreprise en s’appuyant sur l’ensemble des outils, technologies et processus disponibles afin de ne pas se contenter de maintenir les systèmes « en marche », mais aussi de garantir leur fonctionnement fiable. En intégrant le SRE à leur architecture d’entreprise, les organisations peuvent assurer une gestion proactive de leurs applications et détecter plus tôt les baisses de performance ou les anomalies, que les ingénieurs en fiabilité des sites peuvent alors analyser et corriger avant qu’elles n’affectent l’expérience utilisateur.
Pour découvrir comment intégrer le SRE à votre entreprise et accompagner sa transformation en une entreprise numérique efficace et évolutive, lisez « The Need for Speed », un chapitre de Julia Renouard dans notre ouvrage O’Reilly, Enterprise Architecture for Digital Business.
À propos de l’auteur
Articles de blog associés

Pourquoi devriez-vous vous intéresser à WebAssembly ?
WebAssembly (Wasm) est un jeu d’instructions binaires portable, rapide et sécurisé, qui permet d’exécuter des applications hautes performances sur n’importe quelle plateforme.
Trois choses à savoir sur les applications d’IA
Les applications d’IA sont des applications modernes, mais elles présentent certaines particularités. Découvrez les points essentiels à connaître sur les applications basées sur l’IA.
État des lieux de la stratégie applicative 2022 : il est temps de moderniser les opérations
Il est devenu évident que, pour maintenir la dynamique de leur transformation numérique, les organisations doivent recentrer leurs efforts sur les fonctions métier. Si les expériences destinées aux clients restent prioritaires, il est également indispensable de permettre la numérisation de fonctions telles que les services juridiques, les ressources humaines et la finance. Les DSI prennent donc les commandes, tandis que la transformation numérique passe de la modernisation des applications à celle des opérations.
Clouds multiples ou multicloud : faciliter la transition
La gestion et la sécurisation des charges de travail deviennent complexes à mesure que les entreprises adoptent une stratégie de cloud connecté. Découvrez comment F5 répond au besoin d’une nouvelle approche de la mise en réseau multicloud.
L’expérience client dépend de la visibilité
Une enquête menée par Dimensional Research auprès de plus de 3 000 utilisateurs d’applications mobiles a confirmé ce que beaucoup d’entre nous pensent des attentes actuelles des clients.
Transformation numérique et explosion du portefeuille d’applications
La transformation numérique stimule la croissance des portefeuilles d’applications et modifie la manière dont celles-ci sont développées, déployées, intégrées et, en définitive, utilisées.