Les contributrices invitées Varnika Goel, cofondatrice et directrice de la recherche chez Twimbit, et Shrestha Patodia, analyste senior en conseil chez Twimbit, présentent leur rapport « État mondial de la finance ouverte en 2025 », élaboré en collaboration avec F5.
Le monde de la finance entre dans une nouvelle ère, caractérisée non plus par des systèmes fermés ou des canaux cloisonnés, mais par l’ouverture, l’interopérabilité et l’intelligence intégrée. Une transformation mondiale est en cours, permettant aux particuliers et aux entreprises de partager leurs données financières en toute sécurité entre différentes plateformes, applications et services afin de bénéficier d’expériences améliorées et plus personnalisées.
De l’approbation instantanée de crédits lors du paiement sur les sites d’e-commerce aux outils de gestion financière globale, la finance ouverte facilite l’accès aux services financiers pour le plus grand nombre. Elle repose sur une architecture de confiance, régie par des API tenant compte des politiques applicables.
Notre rapport, « État des lieux mondial de la finance ouverte en 2025 », analyse l’évolution de la finance ouverte dans les différentes régions du monde afin d’aider les entreprises à prendre des décisions plus éclairées en la matière à l’ère de l’IA.
Un mouvement mondial aux réalités locales
Partout dans le monde, de nombreux gouvernements et organismes de réglementation œuvrent à la mise en place de cadres de finance ouverte, chacun étant adapté aux priorités locales :
- L’initiative britannique d’Open Banking a lancé une vague de partage réglementé des données.
- Le Brésil est allé plus loin avec Pix et un cadre réglementaire complet pour l’Open Finance.
- Le cadre Account Aggregator de l’Inde intègre les services bancaires, l’assurance, les retraites et les investissements, avec le consentement de l’utilisateur.
Cette dynamique mondiale porte ses fruits. Les institutions financières mettent à disposition un nombre considérable d’API, qui permettent d’effectuer chaque année plus de 137 milliards de transactions financières.
Pourtant, aujourd’hui, plus de 1,4 milliard de personnes n’ont pas accès aux services bancaires traditionnels, ce qui témoigne de l’ampleur du potentiel qui reste encore inexploité. Alors que la finance intégrée devrait générer 7 200 milliards de dollars de valeur nouvelle, il est impératif de mettre en place une infrastructure capable de s’adapter à différents marchés tout en protégeant les données.
Les API, qui constituent la couche fondamentale de la finance ouverte, ne se limitent plus à assurer la connectivité : elles permettent désormais d’exercer un véritable contrôle. Les intégrations traditionnelles reposaient sur des connecteurs personnalisés fragiles, tandis que les API de finance ouverte sont conçues pour garantir l’interopérabilité, l’auditabilité et la résilience.
Par exemple, une plateforme de prêt pourrait agréger les données sur les revenus et les dépenses provenant de cinq banques afin d’évaluer les risques. De même, une application d’épargne fintech pourrait exploiter des données relatives aux assurances et aux retraites pour fournir des conseils en investissement.
Sécurité des API : le moteur de la confiance et du passage à l’échelle
Chaque API de l’écosystème ouvert doit valider en temps réel l’utilisation des données, les contrôles et les autorisations. Il est donc essentiel d’adopter les principes du « zero trust », non seulement pour les tiers externes, mais aussi pour les échanges entre les systèmes et services internes.
- Les passerelles API gèrent le trafic et appliquent les politiques.
- Les proxys d’autorisation gèrent les autorisations granulaires et les contrôles d’identité.
- Les systèmes de surveillance détectent les anomalies et facilitent les audits de conformité.
Dans les régions où la réglementation accuse encore un certain retard, ces capacités vont souvent au-delà des exigences de conformité. Elles permettent aux institutions d’innover en toute sécurité et de se préparer à l’interopérabilité future.
L’IA est désormais essentielle à l’innovation dans les services financiers. Elle peut permettre d’évaluer les risques en temps réel, de personnaliser davantage les interactions et de mieux détecter la fraude, autant d’usages qui reposent sur des API sécurisées et performantes. Les API évoluent : de simples connecteurs, elles deviennent des couches de contrôle pour les agents intelligents. Qu’il s’agisse d’un directeur financier virtuel prenant des décisions en matière de liquidités ou d’un robot de paiement transfrontalier optimisant les circuits de change, ces agents agiront par l’intermédiaire d’API.
Pour exploiter en toute sécurité le potentiel de l’IA dans la finance ouverte, les API ne doivent pas se contenter d’exposer des fonctionnalités. Elles doivent intégrer des mécanismes de confiance, appliquer des contrôles en temps réel et garantir la traçabilité de chaque interaction.
Cartographier la dynamique : indice mondial de maturité de la finance ouverte
Présenté dans le rapport susmentionné, l’Indice mondial de maturité de la finance ouverte de Twimbit, élaboré en collaboration avec F5, évalue 32 marchés selon deux piliers clés : les initiatives réglementaires et l’innovation portée par le marché. Ensemble, ces deux piliers offrent une vue d’ensemble de l’évolution des écosystèmes financiers.
Chaque pays appartient à l’une des quatre catégories suivantes :
- Les champions comme le Royaume-Uni et la Corée du Sud font preuve d’un leadership fort, tant sur le plan réglementaire que sur celui du marché.
- Les enthousiastes, notamment les États-Unis et la Chine, font preuve d’une innovation dynamique dans la fintech, mais leurs modèles réglementaires sont encore en pleine évolution.
- Les intermédiaires, comme le Nigeria et la Thaïlande, progressent régulièrement sur les deux dimensions.
- Les pays en phase de démarrage, comme le Vietnam et l’Afrique du Sud, en sont encore aux premières étapes et posent les bases de leur croissance future.

L’indice mondial de maturité de la finance ouverte de Twimbit, élaboré en collaboration avec F5, évalue l’évolution des écosystèmes financiers dans 32 pays au regard des initiatives réglementaires et de l’innovation portée par le marché.
Ce cadre met en lumière les différents points de départ et les stratégies adoptées par les pays pour moderniser la finance, chacun étant façonné par des objectifs politiques, un niveau de préparation des infrastructures et une culture de l’innovation qui lui sont propres. À mesure que les normes mondiales convergent, l’enjeu consiste à accélérer la mise en place d’une interopérabilité sécurisée et à élaborer des politiques capables de suivre le rythme de l’innovation. Le chemin vers une position de leader de la finance ouverte n’est pas linéaire, mais cette évolution est à l’œuvre partout. Et chaque avancée contribue à bâtir un avenir financier plus inclusif et fondé sur les API.
Pour découvrir comment les différentes régions abordent cette transition et ce qu’elle implique pour votre architecture, votre conformité et votre stratégie concurrentielle, consultez notre rapport réalisé en collaboration avec Twimbit : « État des lieux mondial de la finance ouverte en 2025 ».
Par ailleurs, n’hésitez pas à découvrir comment mieux sécuriser votre écosystème de finance ouverte.
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