Protéger les systèmes d’IA : pourquoi la sécurité doit rattraper l’innovation

Écosystème F5 | 04 août 2025

L’intelligence artificielle pourrait changer nos vies — et elle l’a déjà fait de manière profonde. Qu’il s’agisse d’accélérer les avancées dans les domaines de la médecine et de l’éducation ou de transformer le travail et la vie quotidienne, l’IA bouleverse notre façon de vivre et de fonctionner. Mais parallèlement à ces progrès, elle offre aussi aux cybercriminels de puissantes possibilités.

Aujourd’hui, les systèmes d’IA sont activement pris pour cible par des acteurs malveillants qui exploitent leurs vulnérabilités au moyen de l’empoisonnement des données, de la manipulation des résultats, du vol non autorisé de modèles par distillation et de l’exposition de données privées. Ces risques ne sont pas hypothétiques : ils sont bien réels, évoluent rapidement et peuvent avoir des conséquences financières dévastatrices. Les modèles servent également à accroître considérablement l’efficacité des attaques par e-mail et des fraudes par SMS ou appel vocal. Quant aux deepfakes, ils sont de plus en plus difficiles à détecter et ont déjà occasionné, dans plusieurs cas, des pertes de plusieurs millions de dollars.

“« Pour continuer à tirer parti des avantages de l’IA, les organisations doivent accorder à sa sécurité la même priorité qu’à celle des réseaux, des bases de données et des applications. »”

Selon le rapport 2025 de Stanford sur l’indice de l’IA, le nombre d’incidents de sécurité liés à l’IA a bondi de 56,4 % en 2024, pour atteindre 233 cas signalés. Il ne s’agissait pas de simples bugs ou problèmes techniques. Ces incidents ont entraîné de graves atteintes, allant des violations de la vie privée et de l’amplification de la désinformation à la manipulation d’algorithmes et à des défaillances mettant en péril des décisions sensibles.

Mais comme toujours, l’une de nos statistiques préférées est le temps de présence, c’est-à-dire le délai entre l’intrusion et sa détection. Le rapport d’IBM du premier trimestre 2025 révèle que les compromissions propres à l’IA nécessitent en moyenne 290 jours pour être détectées et contenues, soit bien plus que la moyenne de 207 jours observée pour les violations de données traditionnelles. Cela représente près de 10 mois d’exposition, laissant à ces attaquants renforcés par l’IA tout le temps nécessaire pour causer de graves dommages.

Pourquoi la plupart des entreprises ne sont pas prêtes

Pour continuer à tirer parti des avantages de l’IA, les organisations doivent accorder à sa sécurité la même priorité qu’à celle des réseaux, des bases de données et des applications. Mais le déséquilibre actuel entre adoption et protection laisse entrevoir une tout autre réalité.

Rapport 2025 de F5 sur l’état des applications d’IA vient étayer ce constat. Seules 2 % des organisations interrogées ont été considérées comme hautement sécurisées et prêtes à déployer l’IA à grande échelle en toute sécurité. Parallèlement, 77 % étaient confrontées à d’importantes difficultés en matière de sécurité et de gouvernance de l’IA.

Le rapport a également révélé que seule une fraction des entreprises moyennement préparées avait déployé des mesures de protection fondamentales. À peine 18 % avaient mis en place des pare-feu pour l’IA, et seulement 24 % pratiquaient l’étiquetage continu des données, une méthode essentielle pour détecter les comportements malveillants. À cela s’ajoute le recours croissant à l’IA fantôme (« Shadow AI »), c’est-à-dire à des outils d’IA non autorisés ou non approuvés qui créent de dangereuses zones d’ombre dans les environnements d’entreprise.

Dans la course au déploiement de l’IA pour gagner en compétitivité, de nombreuses organisations élargissent involontairement leur surface d’attaque.

Ce qui rend l’IA vulnérable

Les caractéristiques uniques de l’IA l’exposent à de nouvelles formes d’attaque. Parmi les vulnérabilités les plus préoccupantes figurent :

  • Empoisonnement des données : Les attaquants injectent discrètement des données corrompues ou trompeuses dans les jeux d’entraînement, compromettant ainsi le comportement des modèles d’IA. En 2024, des chercheurs de l’Université du Texas ont démontré que du contenu malveillant intégré à des documents référencés pouvait influencer les résultats des modèles, et ce, même après la suppression de ces documents.
  • Inversion et extraction de modèles : Ces attaques permettent à des acteurs malveillants de reconstituer des données d’entraînement sensibles ou de reproduire des modèles propriétaires. Parmi les cas réels figurent la récupération d’images de patients à partir de systèmes de diagnostic, ainsi que la reconstitution d’enregistrements vocaux privés et de textes internes à partir de modèles de langage.
  • Attaques par évasion : En apportant aux données d’entrée des modifications infimes, souvent imperceptibles, les attaquants peuvent amener les modèles d’IA à produire des résultats erronés. Par exemple, des chercheurs ont trompé le système de vision d’un véhicule autonome afin qu’il confonde un panneau stop avec un panneau de limitation de vitesse, simplement en y apposant des autocollants d’apparence anodine.
  • Injection de prompt : Les grands modèles de langage (LLM) sont vulnérables aux entrées soigneusement conçues pour manipuler leur comportement. Dans un cas, un chatbot basé sur ChatGPT et utilisé par des concessionnaires Chevrolet a été amené à accepter de vendre une voiture pour 1 dollar, une situation qui a mis en évidence des risques tant pour la réputation que sur le plan juridique.

Ces menaces ne sont pas théoriques. Elles sont bien réelles et compromettent déjà la sécurité et la fiabilité de l’IA dans tous les secteurs.

Élaborer une stratégie de défense robuste pour l’IA

Pour relever ces défis, les organisations doivent adopter une stratégie de défense globale qui couvre à la fois les risques généraux liés à la cybersécurité et ceux propres à l’IA. Les cinq étapes suivantes peuvent aider les entreprises à sécuriser leurs systèmes d’IA :

  1. Renforcer la gouvernance des données
    Établissez un inventaire précis des actifs d’IA — notamment les modèles, les API et les jeux de données d’entraînement — et appliquez des politiques strictes de contrôle des accès. Les données sont au cœur de l’IA, et leur intégrité doit être protégée à tous les niveaux.
  2. Testez en continu
    Allez au-delà des revues de code traditionnelles et mettez en œuvre des tests contradictoires ainsi que des exercices de red teaming. Ces méthodes permettent de détecter des faiblesses telles que l’inversion de modèle et l’injection de prompts avant que des attaquants ne les exploitent.
  3. Adoptez une conception axée sur la protection de la vie privée
    Intégrez des techniques de chiffrement, de minimisation des données et de confidentialité différentielle. Ces approches limitent le risque d’exposition des données sensibles, même en cas de violation.
  4. Adoptez une architecture Zero Trust
    Appliquez le principe « ne jamais faire confiance, toujours vérifier » à l’ensemble des systèmes d’IA. Accordez à chaque composant et à chaque utilisateur le niveau d’accès minimal nécessaire, et contrôlez rigoureusement toutes les activités.
  5. Surveillez le comportement de l’IA en temps réel
    Mettez en place des outils et des systèmes permettant de détecter les anomalies dans le comportement des modèles ou les schémas de saisie. Surveillez notamment les appels d’API excessifs, les prompts suspects ou les résultats anormaux, qui peuvent tous signaler des menaces actives.

L’approche de F5 en matière de sécurité de l’IA

Alors que de plus en plus d’organisations adoptent des environnements hybrides et multicloud, F5 propose, par l’intermédiaire de sa plateforme de fourniture et de sécurité des applications (ADSP), des fonctionnalités de sécurité nativement basées sur l’IA, conçues pour protéger les infrastructures modernes.

Au sein de cette plateforme, F5 AI Gateway assure une protection contre l’injection de prompts et les fuites de données grâce à l’inspection et à l’acheminement intelligents des requêtes adressées aux LLM. Les solutions avancées de sécurité des API, disponibles via F5 Distributed Cloud API Security et NGINX App Protect, protègent les API contre les utilisations abusives, l’exfiltration de données et les attaques.

Également intégré à F5 ADSP, F5 Distributed Cloud Bot Defense utilise l’apprentissage automatique pour détecter et bloquer les menaces automatisées telles que le bourrage d’identifiants, avec un minimum de faux positifs. Quant aux solutions F5 BIG-IP Advanced WAF, elles sécurisent les applications et les API tout en déchargeant les GPU des tâches de sécurité, ce qui améliore les performances des charges de travail gourmandes en IA.

En outre, l’architecture de référence de F5 pour l’IA fournit un modèle pour une infrastructure d’IA sécurisée et fiable dans les environnements hybrides et multicloud. F5 collabore également avec de nombreux acteurs majeurs de l’innovation en matière d’IA, notamment Intel, Red Hat, MinIO et Google Cloud Platform, afin d’aider ses clients à évoluer de manière sécurisée et efficace.

Conclusion : une IA sécurisée pour un avenir sûr

L’IA transforme tous les secteurs qu’elle touche, mais son potentiel s’accompagne de risques sans précédent. Face à des menaces toujours plus sophistiquées, les responsables de la sécurité doivent agir avec urgence et anticipation, en adoptant des outils proactifs, une architecture plus intelligente et une protection fondée sur des politiques de sécurité.

La sécurité de l’IA doit être intégrée au cœur même de la stratégie d’entreprise. En combinant judicieusement réglementation, technologie et culture, en s’appuyant sur des cadres éprouvés tels que l’AI Risk Management Framework du National Institute of Standards and Technology des États-Unis et sur des plateformes comme F5 ADSP, les organisations peuvent exploiter tout le potentiel de l’IA tout en se protégeant contre ses aspects les plus sombres.

La frontière de l’IA est désormais une réalité. Il est temps de la sécuriser.

Venez assister à la table ronde lors de Black Hat

Si vous prévoyez d’être à Las Vegas cette semaine pour Black Hat USA 2025, venez assister à une table ronde avec Chuck Herrin, CISO de terrain chez F5, et d’autres experts lors de l’AI Summit, au cours de laquelle ils expliqueront comment renforcer les défenses numériques à l’ère de l’IA.

N’oubliez pas non plus de consulter notre page web pour en savoir plus sur les solutions de F5 pour la mise à disposition et la sécurisation de l’IA en entreprise.

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