Vers l’égalité des genres : entretien avec Rachel Zabawa sur l’élargissement de l’inclusion dans la cybersécurité

Écosystème F5 | 31 mai 2023

Ce n’est un secret pour personne : les disparités entre les genres sont considérables dans le domaine de la cybersécurité. Malgré les efforts déployés au cours de la dernière décennie pour renforcer la diversité de genre, les effectifs du secteur restent très largement masculins. Pour commencer à remédier à ce problème, il est essentiel de mieux comprendre le parcours des femmes et des personnes ayant d’autres identités de genre sous-représentées dans ce domaine, les obstacles qu’elles ont rencontrés et les conseils qu’elles souhaitent donner aux personnes issues de groupes sous-représentés qui envisagent d’y faire carrière. C’est pourquoi j’ai interviewé Rachel Zabawa, une étoile montante de la cybersécurité chez F5.

Rachel s’adonnant à l’une de ses activités créatives : l’illustration

Rachel a commencé sa carrière dans la cybersécurité chez F5 dans le domaine commercial, avant de se tourner vers le marketing produit. Elle se consacre aujourd’hui à la sécurité réseau basée sur un proxy complet, conçue pour protéger les réseaux et les centres de données contre les menaces entrantes, ainsi qu’aux partenariats avec les distributeurs. En dehors du travail, Rachel consacre généralement son temps à des activités créatives telles que la lecture, l’écriture, l’illustration et la peinture.

Rachael : Si quelqu’un m’avait demandé il y a 10 ans si je pensais travailler aujourd’hui dans la cybersécurité, j’aurais répondu non. Pendant un certain temps, je suivais une voie professionnelle complètement différente. Comment vous êtes-vous intéressée à la cybersécurité ?

Rachel Z. : Comme vous et de nombreux autres experts en cybersécurité que je connais, je ne cherchais pas activement à travailler dans ce domaine. Mon précédent emploi était dans le secteur financier, qui est fortement touché par des cyberattaques telles que les attaques DDoS volumétriques, les attaques par force brute, l’hameçonnage, l’hameçonnage par SMS et l’ingénierie sociale.

J’ai été naturellement attirée par ce domaine, car je voulais comprendre comment ces types d’attaques étaient menés et comment s’en protéger.

Ainsi, lorsque j’ai changé d’emploi, j’ai également réorienté toute ma carrière, passant de la finance à la cybersécurité. Cela m’a semblé tout naturel : je prends très au sérieux la sécurité et la confidentialité de mes comptes personnels. Et contribuer à des solutions qui permettent aux autres de véritablement prendre en main leur sécurité est très gratifiant.

Rachael : L’autre jour, je lisais Reprenez le contrôle de vos données personnelles, et cet article présente des statistiques intéressantes tirées d’une enquête sur la capacité des personnes à gérer leur vie privée en toute sérénité. Par exemple, seules 16 % d’entre elles estimaient avoir une réelle maîtrise de leurs données personnelles, tandis que près de 90 % se disaient préoccupées par le partage de leurs données avec des tiers. Ce genre de choses vous empêche-t-il de dormir ?

Rachel Z. : L’absence de réglementation gouvernementale en matière de sécurité et de confidentialité des données personnelles m’inquiète beaucoup. Cet important vide juridique permet aux applications de suivre et de vendre vos données personnelles à des fins lucratives, alors qu’elles ne sont tenues de faire que le strict minimum pour protéger votre identité contre les cyberattaques. La multiplication des signalements de violations de données rendues publiques et des attaques à grande échelle, telles que les attaques DDoS, est une conséquence de ce vide juridique.

Toutes les organisations luttent en permanence contre des attaques de ce type, toujours plus sophistiquées, et mon travail consiste notamment à informer le public sur des solutions de sécurité telles que F5 BIG-IP Advanced Firewall Manager (AFM). Chez F5, nous faisons évoluer nos solutions au rythme des nouvelles menaces de cybersécurité, afin que les particuliers et les entreprises puissent avoir l’esprit tranquille, sachant que leurs données sont protégées.

rachel-zabawa

Rachael : Parlez-moi de votre expérience en tant que femme dans le domaine de la cybersécurité. Comment vivez-vous le fait d’appartenir à un genre sous-représenté dans ce secteur ?

Rachel Z. : Être une femme dans un secteur qui a été, ou reste, dominé par les hommes est éprouvant. Les problèmes courants sont faciles à identifier sur le papier ou avec le recul, mais il est extrêmement difficile de les dénoncer et de rectifier le tir lorsqu’ils se manifestent au quotidien par petites touches. La rétention d’informations en est un exemple. Dans les secteurs spécialisés en particulier, certaines personnes gardent parfois des informations pour elles, surtout face à des femmes qui débutent dans le domaine. C’est comme s’il existait une période d’essai tacite pour les personnes venues de l’extérieur, durant laquelle il faut faire ses preuves auprès des autres pour obtenir les informations nécessaires à l’accomplissement de son travail.

Un autre exemple est la surveillance du ton, qui vous expose à être perçue négativement si vous ne terminez pas chaque phrase par une intonation montante ou une question anodine, et chaque e-mail par un emoji, afin que le fond de vos propos soit plus acceptable pour votre entourage. Je n’ai pas vécu ce genre de situation chez F5, mais cela m’est arrivé à de nombreuses reprises dans mes emplois précédents.

Il faut toujours trouver un équilibre délicat entre le fait d’être prise au sérieux en tant que femme ou membre d’un autre groupe sous-représenté et celui de ne pas donner une image que la société pourrait juger arrogante, impolie ou agressive. Cela ajoute beaucoup d’anxiété et de stress aux tâches quotidiennes, tout en risquant d’amoindrir votre autorité sur un sujet. De plus, devoir constamment s’expliquer et citer des exemples pour justifier son ressenti sur le sujet est mentalement éprouvant et pesant.

Rachael : Dans l’un de mes précédents emplois, quelqu’un m’a dit que je devais sourire davantage pour paraître plus chaleureuse. Je me souviens que cela m’avait vraiment prise au dépourvu. Le fait de sourire n’avait aucune incidence sur mes performances, et cette personne me connaissait à peine. Pendant un certain temps, cette micro-interaction m’a fait perdre confiance en moi. Comment les organisations peuvent-elles mieux gérer ce type de problèmes ?

Rachel Z. : Je trouve qu’en réalité, F5 gère très bien cette question. Non seulement les attentes en matière de collaboration au sein de la communauté sont clairement définies, mais F5 recrute également une multitude de personnes intelligentes et talentueuses, tournées vers l’avenir et qui accordent une grande importance à la communication et à l’inclusion. Je pense que F5 est un modèle à suivre dans ce domaine pour le secteur des technologies. Dans le cadre de mes fonctions, je me sens respectée et appréciée par les membres de mon équipe directe comme par les personnes avec lesquelles je travaille en dehors de celle-ci, jusque dans les interactions les plus simples du quotidien. Je ne peux pas parler au nom de toutes les femmes ni de toutes les personnes appartenant à un groupe sous-représenté, mais en ce qui me concerne, rejoindre F5 m’a donné l’occasion d’approfondir mes connaissances dans un domaine qui m’intéressait. Je peux apprendre auprès de spécialistes, et mes questions, ma soif de connaissances et ma volonté de progresser sont prises au sérieux dans tous les aspects de mon travail.

Rachael : Quelle est l’importance de la diversité dans le secteur de la cybersécurité ?

Rachel Z. : La diversité est incontestablement importante. Sans elle, il est impossible de comprendre le vécu d’autrui, et l’on se prive de son point de vue unique et de son intelligence. Les cybercriminels évoluent constamment. Ils ne se limitent pas à une culture, une religion, un genre ou toute autre caractéristique en particulier, alors pourquoi le ferions-nous ?

En vous enfermant dans une vision étroite, vous risquez de répéter des procédures ou des processus potentiellement inefficaces qui n’évoluent pas, faute de bénéficier de points de vue différents. Développer et préserver la diversité dans le secteur permet de rester plus ouvert aux nouvelles idées et aux processus créatifs. D’après mon expérience personnelle, lorsque l’on a l’occasion de rencontrer un groupe de personnes aux profils variés et de participer à une discussion avec elles, on peut acquérir sur un sujet une perspective entièrement nouvelle, à laquelle on n’aurait pas pu parvenir seul. La véritable question est donc la suivante : pourquoi condamner votre secteur, ou vous-même, au repli et à la stagnation alors que vous avez la possibilité d’évoluer ?

bibliothèque

La collection de livres de Rachel

Rachael : Cybercrime Magazine tient à jour une liste des arrestations et condamnations de cybercriminels, dont la diversité est révélatrice. Comment la communauté peut-elle mieux soutenir les genres sous-représentés — ainsi que les autres groupes sous-représentés — dans le domaine de la cybersécurité ?

Rachel Z. : Je ne peux parler qu’en mon nom ici : chaque groupe sous-représenté fait face à de nombreuses réalités qui lui sont propres. Consciente d’être privilégiée, je sais que je dois approfondir mes recherches, m’informer et reconnaître ma propre ignorance concernant les préjugés ou les actes qui touchent une communauté dont je ne fais pas partie. Idéalement, la communauté de la cybersécurité doit être à l’écoute et reconnaître que de nombreux groupes sous-représentés subissent des difficultés auxquelles d’autres peuvent être socialement aveugles. Après avoir pris conscience de ces réalités et reconnu les épreuves que la société impose aux groupes sous-représentés, la communauté doit donc prendre du recul et collaborer avec ces groupes, mettre en avant leurs points de vue et veiller à ce qu’ils aient durablement leur place à la table des décisions, sur un pied d’égalité.

Rachael : Je suis d’accord et je pense notamment que l’écoute est un élément essentiel, comme vous le soulignez. Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui envisagent de se lancer dans la cybersécurité et dont le genre est sous-représenté dans les métiers de la tech ?

Rachel Z. : Poursuivez sans relâche votre objectif et défendez vos intérêts. J’étais déterminée à trouver une carrière qui me plaisait et dans laquelle je me sentais soutenue. Même si j’ai dû accepter, pour subvenir à mes besoins, des emplois qui ne correspondaient pas vraiment au domaine professionnel que je visais, j’ai su mettre à profit les compétences acquises dans chacun de ces postes pour réussir dans ma carrière actuelle. Mais il faut du temps et essuyer des refus avant de parvenir réellement là où l’on souhaite être. La persévérance est essentielle.

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Découvrez comment BIG-IP AFM protège contre les attaques DDoS

Consultez le dernier rapport de F5 sur la diversité et l’inclusion

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À propos de l’auteur

Rachael Shah
Rachael ShahResponsable senior du marketing produit | F5

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