L’edge computing : une révolution pour les fournisseurs de services ?

Écosystème F5 | 06 novembre 2019

Les architectures centralisées actuelles de cloud computing mettent à notre portée une vitesse, une évolutivité et une élasticité sans précédent. Dans la plupart des cas envisageables, l’infrastructure technologique est adaptable, agile et parfaitement adaptée aux besoins. Elle n’est toutefois pas optimale pour les cas d’usage rentables de l’Internet des objets (IoT) reposant sur la 5G, qui nécessitent une latence ultra-faible et un débit extrêmement élevé.

C’est là qu’intervient l’edge computing.

Au lieu de transmettre les données vers le cloud ou un entrepôt de données centralisé pour les analyser, leur traitement peut s’effectuer à la « périphérie » du réseau, ce qui réduit la latence, augmente la bande passante et permet des temps de réponse nettement plus rapides. Il s’agit d’une avancée majeure pour les fournisseurs de services, qui sont désormais particulièrement bien placés pour bouleverser des secteurs entiers (y compris le leur) et proposer de nouveaux services innovants et rentables grâce à des architectures distribuées.

Au lieu d’être centralisé, ce type d’architecture repose sur des composants déployés sur différentes plateformes. Ces composants coopèrent ensuite via un réseau de communication afin d’atteindre un objectif précis. Il peut s’agir, par exemple, de distribuer certaines fonctions réseau, telles que le réseau d’accès radio cloud (C-RAN) pour la 5G, ou d’héberger des applications liées à l’IoT.

Grâce à sa nature distribuée, l’edge computing permet aux fournisseurs de services de proposer de nouvelles solutions et de nouveaux services qui augmentent leurs sources de revenus tout en réduisant les coûts de transport sur le réseau.

Prenons l’exemple d’applications nécessitant une latence ultra-faible (voitures autonomes) ou une bande passante élevée (vidéosurveillance). En tirant parti de l’edge computing, les fournisseurs de services peuvent choisir de commercialiser ces services sous forme d’infrastructure en tant que service (IaaS) ou de plateforme en tant que service (PaaS), selon le niveau auquel ils souhaitent intervenir dans la chaîne de valeur. Les services de cette nature ne peuvent pas être proposés via un cloud public traditionnel.

Bien que l’évolution de l’edge computing n’en soit encore qu’à ses débuts, nous pouvons nous attendre avec certitude à ce que de nombreux cas d’usage majeurs de l’IoT se généralisent dans les années à venir. Par exemple, les applications de réalité augmentée (AR), de réalité virtuelle (VR) et de jeux mobiles intègrent déjà avec enthousiasme les capacités de l’edge computing et profitent de plus en plus de sa grande réactivité face à des besoins élevés en bande passante.

Les solutions de réseau de diffusion de contenu virtualisé (vCDN) offrent également un fort potentiel de monétisation. Les fournisseurs de contenu peuvent décharger leurs serveurs centraux, tandis que les fournisseurs de services réduisent leurs coûts de liaison de collecte et de transport. Le client bénéficie quant à lui d’une expérience utilisateur rapide et fluide. Tout le monde y gagne.

Un autre scénario particulièrement intéressant consiste, pour les fournisseurs de services, à déployer de petits sites de calcul en périphérie sur les campus d’entreprise afin de fournir une connectivité et des services 5G privés, évitant ainsi habilement le recours aux réseaux locaux (LAN) et au Wi-Fi traditionnels.

Faire fonctionner l’ensemble

Alors, comment les fournisseurs de services peuvent-ils prendre en charge plus activement ces cas d’usage émergents — qui ne sont que la partie émergée de l’iceberg — et les transformer en réalités sûres, viables et rentables ?

Il ne fait aucun doute qu’ils auront besoin, sur le site d’informatique en périphérie, de fonctions intelligentes de mise en réseau et de gestion du trafic, ainsi que de services de contrôleur de mise à disposition d’applications (ADC) et de sécurité en amont des applications qui y sont hébergées.

Il convient de noter que les services ADC et de sécurité étaient traditionnellement fournis sur des infrastructures dédiées, tirant parti de l’accélération matérielle afin d’offrir une évolutivité et une capacité élevées. Bien que la plupart des architectures en périphérie reposent sur des serveurs standard disponibles dans le commerce (COTS), le besoin de hautes performances demeure. Des innovations récentes telles que la technologie QuickAssist d’Intel répondent à cette demande en permettant aux fournisseurs de services de bénéficier de capacités d’accélération, notamment pour le chiffrement et la compression, sur des plateformes COTS.

L’edge computing nécessite également une approche distribuée pour assurer une sécurité robuste de la couche applicative, notamment au moyen d’un pare-feu applicatif web (WAF). L’une des erreurs les plus courantes consiste à penser que les dispositifs de sécurité traditionnels, tels que les pare-feu, sont suffisants. Heureusement, les solutions WAF avancées actuelles sont désormais capables de protéger dynamiquement les applications grâce à des fonctionnalités anti-bots et d’empêcher le vol d’identifiants à l’aide du chiffrement des frappes au clavier. Il est également possible d’étendre la détection et l’atténuation des attaques DDoS au niveau applicatif à toutes les applications en combinant apprentissage automatique et analyse comportementale. Parmi les autres technologies indispensables figurent la capacité à fournir des services applicatifs cloud natifs pour les applications basées sur des microservices, ainsi que des fonctions de passerelle API permettant une interconnexion sécurisée avec les tiers qui accèdent à la plateforme d’edge computing.

Bien que la portée et l’influence de l’edge computing soient encore (relativement) embryonnaires, cette technologie connaît depuis quelques années un essor croissant dans la région EMEA, en particulier dans les secteurs de l’automobile et de l’industrie manufacturière. Bientôt, toute organisation devant gérer de nombreux appareils interconnectés et répondre à des besoins de traitement rapide des données devra se doter d’une stratégie d’edge computing, sans oublier les technologies nécessaires à sa mise en œuvre.

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Pour en savoir plus sur les solutions de F5 destinées aux fournisseurs de services, consultez : https://www.f5.com/solutions/service-providers

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Mots-clés : 2019

À propos de l’auteur

Bart Salaets
Bart SalaetsDirecteur de la technologie sur le terrain | F5

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