Depuis deux ans, nous interrogeons les entreprises sur leurs initiatives de transformation numérique — notamment sur les bénéfices attendus et leurs répercussions à toutes les étapes, du développement au déploiement — dans le cadre de notre enquête sur l’état des services applicatifs. Nous avons constaté que la majorité des organisations, partout dans le monde et dans tous les secteurs, sont actuellement engagées dans cette démarche. Elles modifient leur façon de développer les applications, le moment où elles les déploient et les architectures qu’elles utilisent.
Pourtant, la transformation numérique reste l’une des cases du bingo des mots à la mode. Elle est souvent perçue comme une tendance surmédiatisée.
Les dernières actualités concernant l’économie numérique devraient aider la transformation numérique à dépasser le pic des attentes démesurées et à s’ancrer résolument dans la réalité.
La nouvelle, c’est que, pour la première fois dans l’histoire des États-Unis, les ventes en ligne ont dépassé les achats en magasin. De peu, certes, mais suffisamment pour montrer que les consommateurs adoptent bel et bien la transformation numérique. Plus important encore, la tendance de l’économie numérique reste à la hausse : avec 59,8 milliards de dollars de chiffre d’affaires en février 2019, elle se classe désormais au quatrième rang des secteurs économiques.
Environ une organisation sur cinq ne s’est pas engagée dans la transformation numérique. À l’instar des tendances connexes que sont l’automatisation et le cloud public, les organisations qui ignorent ces technologies et ces tendances sont désormais nettement désavantagées. Car il ne s’agit pas seulement des applications tape-à-l’œil, pilotées par des gestes, que les consommateurs adorent. Il ne s’agit pas seulement d’accéder instantanément à ses finances ou à des services de covoiturage. Il s’agit aussi de la chaîne d’approvisionnement, qui permet d’obtenir les matériaux et les services nécessaires pour assembler, fabriquer et commercialiser les produits proposés au final. Cette chaîne d’approvisionnement est de plus en plus numérique et s’appuie sur des API et des applications qui interagissent instantanément avec les fournisseurs, les distributeurs et les prestataires.
Prenons l’étude de The Hackett Group, qui a révélé que « les organisations financières classiques peuvent réduire leurs coûts de processus de 35 % en adoptant les technologies numériques, se rapprochant ainsi du niveau atteint aujourd’hui par les organisations de classe mondiale. Les organisations financières de classe mondiale fonctionnent avec un coût global, exprimé en pourcentage du chiffre d’affaires, inférieur de 45 % à celui des organisations comparables. » (Source : https://www.thehackettgroup.com/wp-content/uploads/2017/12/hackett-analytics-supply-chain-digital-1711.pdf)
Une grande partie du succès de la transformation numérique de la chaîne d’approvisionnement reposera sur le big data, ainsi que sur sa collecte et son analyse. C’est pourquoi le machine learning et les technologies fondées sur les données revêtent une importance stratégique croissante. C’est notamment pour cette raison que la proportion d’organisations considérant l’« analyse du big data » comme stratégiquement importante a augmenté de 10 % entre 2018 et 2019.
Dans l’ensemble, moins d’une organisation sur cinq (18 %) a cité l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement parmi les bénéfices qu’elle attendait de la transformation numérique. Même en examinant plus en détail certains secteurs, le pourcentage d’organisations cherchant à tirer parti de cette importante opportunité restait faible. Moins d’une organisation sur trois (31 %) dans le commerce de détail et la distribution espérait optimiser sa chaîne d’approvisionnement grâce à la transformation numérique. Juste derrière, avec 30 %, figurait l’industrie manufacturière, un secteur particulièrement propice aux technologies permettant d’exploiter cette opportunité du côté de l’offre.

Il s’agit d’un oubli étonnant compte tenu de l’impact historique de la transformation technologique de la chaîne d’approvisionnement. Songeons à Henry Ford — que certains pourraient qualifier de père de l’automatisation —, qui a mis en place la chaîne de montage afin de réduire le temps nécessaire à l’assemblage d’une voiture. Cela lui a ensuite permis de faire baisser le prix de ces voitures pour les consommateurs.
Aujourd’hui, vous pouvez vous attendre à vendre votre application exactement 0 $. C’est ce qui ressort d’une étude selon laquelle « les utilisateurs mobiles sont davantage disposés à dépenser de l’argent pour des fonctionnalités intégrées à l’application qu’à payer pour télécharger une application. » (Source : https://www.gartner.com/newsroom/id/3331117) Cela signifie que vous devez trouver des moyens d’optimiser et de réduire le coût de ce que vous vendez par l’intermédiaire de cette application. Ce qui nous ramène à l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement.
Presque tout le monde dispose d’une chaîne d’approvisionnement, sous une forme ou une autre. Il s’agit parfois d’une chaîne d’approvisionnement logicielle, ce qui explique notamment l’essor de l’open source. Celui-ci réduit le coût des marchandises vendues puisqu’il ne coûte rien. Il peut aussi s’agir de matériel, de denrées périssables ou encore de coûts de main-d’œuvre. Quels que soient les éléments qui composent votre chaîne d’approvisionnement, vous devriez chercher à déterminer comment la transformation numérique peut vous aider à l’optimiser.
Parce que l’économie numérique est plus concrète que jamais, et qu’elle ne fera que le devenir davantage.
À propos de l’auteur

Lori MacVittie est ingénieure émérite et évangéliste en chef au sein du bureau du directeur technique de F5. Elle possède une expertise approfondie dans la fourniture d’applications, les stratégies d’automatisation et les infrastructures. Elle est réputée pour sa capacité à rendre la complexité intelligible, qu’elle définisse des garde-fous pour les agents d’IA, analyse des architectures multicloud fragiles ou explore les limites des systèmes évolutifs. Elle cumule plus de trente ans d’expérience dans le secteur, couvrant le développement d’applications, l’architecture informatique ainsi que l’exploitation des réseaux et des systèmes. Avant de rejoindre F5, elle a été rédactrice spécialisée dans les technologies et a reçu plusieurs distinctions. MacVittie est titulaire d’un master en informatique et est une autrice prolifique dont les publications couvrent la sécurité, le cloud et l’architecture d’entreprise. Elle est également une passionnée de jeux de société et de jeux vidéo, et assume pleinement ses avis bien tranchés sur le fromage.
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