Cyber. Objets connectés. Sécurité. DDoS. Autant de perturbations numériques, équivalentes modernes d’ennemis aux portes, à l’intérieur des murs et infiltrés dans les rangs. Le véritable enjeu n’est pas que des objets aient attaqué (une fois de plus), mais que ces attaques de plus en plus gênantes — et souvent couronnées de succès — perturbent l’activité des entreprises et provoquent des mouvements de panique qui se propagent à des secteurs entiers.
Après tout, l’exploitation de ressources informatiques distribuées n’a rien de nouveau. Beaucoup se souviennent sans doute de l’essor du calcul distribué dans le cadre du programme SETI, pour lequel des passionnés du monde entier mettaient gracieusement à disposition les ressources processeur et mémoire inutilisées de leurs propres machines afin de contribuer au traitement des énormes volumes de données recueillis par le programme. À bien des égards, il s’agissait de la toute première forme de cloud computing qui, ramené à sa plus simple expression, consiste en réalité à tirer parti de « l’ordinateur de quelqu’un d’autre ».
Qu’ils exploitent les ressources informatiques du dernier appareil, gadget ou autre « objet » à la mode, ou celles des machines d’utilisateurs qui ne se doutent de rien, les attaquants sont aujourd’hui capables de générer bien plus de données à envoyer contre une organisation qu’elle ne peut raisonnablement en absorber. Sachant que la plupart des organisations disposent de connexions Internet offrant en moyenne un débit de 10 à 40 Mbit/s, il n’est guère surprenant que, face à une attaque volumétrique, le réseau soit le premier élément à être saturé.
“…lorsqu’une attaque atteint leur réseau, le volume de trafic dépasse largement leur capacité et, presque immédiatement, ils rencontrent des problèmes de disponibilité du réseau.”
La réalité du commerce numérique, ce sont les perturbations numériques. Tout comme les commerces physiques ont dû trouver comment adapter leur capacité pour faire face à des pics d’activité tels que le Black Friday et les ventes de rentrée scolaire, les entreprises numériques doivent élaborer une stratégie de mise à l’échelle afin de contrer ces attaques de plus en plus fréquentes et massives.
Le cloud est une réponse raisonnable et logique. Qu’il s’agisse de migrer des applications vers un environnement cloud, où l’évolutivité fait partie intégrante de l’environnement, ou de recourir à des services cloud tels que la protection contre les attaques DDoS, le cloud est l’une des meilleures solutions pour réduire les perturbations numériques à de simples désagréments occasionnels.
La migration des applications vers le cloud offre aux organisations une certaine garantie que le réseau ne sera pas* submergé en cas d’attaque. Cela suppose, bien entendu, qu’un fournisseur de services cloud dispose non seulement d’une infrastructure répartie sur Internet, mais qu’il soit également situé suffisamment près de la dorsale Internet pour bénéficier de la capacité nécessaire à l’absorption d’une attaque.
Lorsque l’attaque cible une ressource qui ne peut pas être déplacée vers le cloud ou qui ne l’a pas encore été, le cloud reste une bonne option. Dans ce cas, la possibilité de transférer la présence d’une organisation vers un service de sécurité basé sur le cloud peut apporter une solution en s’appuyant sur le fournisseur pour absorber le trafic lié à l’attaque, tout en permettant au trafic légitime de continuer à parvenir au centre de données. Cette option permet également de protéger toutes les applications, qu’elles soient ou non dans le cloud. Elle fait office de couche d’abstraction qui protège les organisations des changements constants d’emplacement des applications et complique la tâche des attaquants qui cherchent à trouver la source — les applications — du véritable trésor qu’ils convoitent : vos données.
Ce n’est pas que nous ne devrions pas nous préoccuper de la sécurité des objets. Nous devons absolument le faire, surtout si notre activité consiste à fournir des « objets » à des consommateurs ou à des partenaires. Mais plutôt que de nous concentrer uniquement sur la manière de sécuriser ces objets face à ce type d’attaques, nous devons prendre du recul, déterminer quelles sont les véritables perturbations pour notre activité et réfléchir à la manière d’y remédier.
Dans le cas d’une attaque DDoS, le problème concerne souvent la capacité du réseau et des applications. Le cloud constitue alors une bonne solution pour faire face à une perturbation qui met à l’épreuve les limites de montée en charge du réseau et des applications.
* Sur Internet, rien n’est jamais garanti. C’est ce qui fait tout son intérêt, à ce qu’on dit.
À propos de l’auteur

Lori MacVittie est ingénieure émérite et évangéliste en chef au sein du bureau du directeur technique de F5. Elle possède une expertise approfondie dans la fourniture d’applications, les stratégies d’automatisation et les infrastructures. Elle est réputée pour sa capacité à rendre la complexité intelligible, qu’elle définisse des garde-fous pour les agents d’IA, analyse des architectures multicloud fragiles ou explore les limites des systèmes évolutifs. Elle cumule plus de trente ans d’expérience dans le secteur, couvrant le développement d’applications, l’architecture informatique ainsi que l’exploitation des réseaux et des systèmes. Avant de rejoindre F5, elle a été rédactrice spécialisée dans les technologies et a reçu plusieurs distinctions. MacVittie est titulaire d’un master en informatique et est une autrice prolifique dont les publications couvrent la sécurité, le cloud et l’architecture d’entreprise. Elle est également une passionnée de jeux de société et de jeux vidéo, et assume pleinement ses avis bien tranchés sur le fromage.
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