Transformation numérique : 2020 et au-delà

Écosystème F5 | 09 décembre 2019

Toute définition de la transformation inclut la notion de changement. Les exemples les plus courants se trouvent dans la nature, avec le passage de la chenille au papillon et du têtard à la grenouille. En définitive, la transformation est le processus qui permet de passer d’un état à un autre.

Les processus sont souvent décrits comme une succession de phases de durées variables au cours desquelles se produisent des événements critiques. La transformation numérique ne fait pas exception.

Tout commence par une initiative. La décision de passer d’une entreprise dont le fonctionnement est essentiellement manuel et repose sur l’humain à une entreprise qui s’appuie largement sur la technologie. Applications. Automatisation. Intelligence artificielle. De bout en bout, la transformation numérique consiste à intégrer la technologie aux interactions commerciales, puis aux processus et enfin aux nouveaux modèles.

Au départ, il est question d’applications. Mais à mesure que les portefeuilles d’applications s’étoffent, l’accent se déplace vers l’automatisation et l’orchestration. Avec l’augmentation du volume de données générées, la transformation devient le pivot de nouvelles opportunités commerciales.

Aujourd’hui, presque toutes les organisations sont engagées dans un processus de transformation et ouvrent une nouvelle voie numérique vers leur réussite future.

Cette transformation ne se résume pas à la technologie. Elle trouve son origine dans une évolution fondamentale du fonctionnement des entreprises. À l’instar du passage des dépenses d’investissement (CapEx) aux dépenses d’exploitation (OpEx), provoqué par l’essor rapide du cloud computing, cette transformation contraint les organisations à repenser leurs modèles économiques.

Cette évolution fait sortir les technologies de l’information (IT) de leur rôle de soutien à l’entreprise pour leur conférer un rôle de premier plan en tant qu’activité à part entière. Les logiciels, y compris les applications, ont directement contribué à hauteur de 845 milliards de dollars au PIB des États-Unis en 2018, selon la BSA Foundation. Dans l’UE, les logiciels ont contribué à hauteur de 304 milliards d’euros. La valeur ajoutée totale au PIB mondial est bien plus élevée et comprend à la fois les revenus indirects et les créations d’emplois. Tous les secteurs et toutes les industries dépendent désormais, sous une forme ou une autre, des applications.

Cela inclut les entreprises qui produisent des biens de consommation. Imaginez les conséquences pour un restaurant qui ne serait pas intégré à OpenTable. Songez également à la dépendance à l’IoT et aux applications qui alimentent les « fermes intelligentes », lesquelles optimisent l’agriculture afin de nourrir la population mondiale. Même ces secteurs dépendent de plus en plus des applications pour exercer leurs activités.

L’économie des applications

Les données préliminaires de notre prochain rapport « State of Application Services 2020 » indiquent que la plupart des entreprises dépendent des applications. 31 % d’entre elles déclarent avoir besoin d’applications et que les interruptions de service perturbent leur activité. 29 % supplémentaires indiquent que les applications constituent leur activité et qu’elles ne peuvent pas fonctionner sans elles.

Les pionniers de la transformation numérique entrent déjà dans une phase d’expansion numérique, caractérisée par l’adoption rapide de l’automatisation et l’élargissement de leurs portefeuilles d’applications. Pour ces organisations, il est essentiel de rationaliser les aspects opérationnels de la livraison des applications. La capacité à développer rapidement une nouvelle application ou un nouveau processus numérique doit s’accompagner d’une mise sur le marché tout aussi rapide. La vitesse et l’ampleur de ce cycle de vie opérationnel augmentent avec chaque application développée. Pour que l’informatique puisse répondre à la demande, l’adoption de l’automatisation est indispensable, car elle permet aux organisations de développer et de déployer encore davantage d’applications.

L’économie des données

Chaque itération de ce cycle génère davantage de données. Le fournisseur de solutions d’unification des activités Domo indique que plus de 2,5 trillions d’octets de données sont créés chaque jour et que, d’ici 2020, « 1,7 Mo de données seront créés chaque seconde pour chaque personne sur Terre ». Cette quantité vertigineuse de données ouvre la voie à l’économie des données, tandis que les applications collectent et agrègent les moindres détails de l’activité numérique, des opérations aux transactions commerciales en passant par les interactions avec les consommateurs.

Les techniques traditionnelles d’analyse des données ne pourront pas suivre le rythme. Les systèmes et les personnes qui s’appuient quotidiennement sur les données pour prendre des décisions opérationnelles et commerciales seront dépassés.

Une nouvelle génération de solutions analytiques verra ainsi le jour et se chargera d’analyser le débit considérable et le volume élevé des données produites. Seules les machines et les technologies avancées d’apprentissage automatique seront capables d’ingérer et de traiter la quantité de données qui sera créée.

L’économie de l’IA

À terme, les enseignements issus de l’analyse des données seront aussi difficiles à appréhender que les données dont ils proviennent. Les opérateurs ne pourront pas agir assez rapidement pour en tirer parti. Cela conduira à l’économie de l’IA, dans laquelle les activités et les opérations assistées par l’IA prendront en charge le fonctionnement des applications sur lesquelles reposent les entreprises. Cette transformation économique sera loin d’être anodine. Selon McKinsey, « l’IA pourrait générer environ 13 000 milliards de dollars d’activité économique mondiale supplémentaire d’ici 2030, soit une hausse cumulée du PIB d’environ 16 % par rapport à aujourd’hui. » Il n’est donc pas surprenant de constater que, dès 2018, 71 % des cadres dirigeants considéraient déjà l’IA comme un levier de croissance économique et de compétitivité. (Points de vue des dirigeants en 2018 : relever le défi)

Cette vision de l’IA ne relève pas seulement de l’aspiration. 74 % des décideurs informatiques interrogés dans le rapport « État des lieux de l’informatique en 2020 » de Spiceworks prévoyaient d’adopter l’IA dès 2021. La même enquête a révélé que l’IA (32 %) arrivait juste derrière l’automatisation informatique (42 %) parmi les technologies susceptibles d’avoir le plus grand impact sur les entreprises.

Le rôle des services applicatifs

Aujourd’hui, pratiquement toutes les entreprises ont engagé cette transformation. Certaines n’en sont qu’à leurs débuts, tandis que d’autres sont déjà bien avancées. Quel que soit le stade où vous vous trouvez, les applications sont essentielles pour progresser, que ce soit lentement mais sûrement ou à toute vitesse. La mise à disposition de ces applications relève des services applicatifs. Du code jusqu’au client, ces services assurent la montée en charge, la sécurité et la disponibilité des applications qui font fonctionner les entreprises d’aujourd’hui.

Dans cinq ans, ils rempliront toujours ce rôle.

Mais tout comme les architectures applicatives et les modèles opérationnels évoluent pour répondre aux besoins des applications et des entreprises, les services applicatifs doivent eux aussi se transformer. C’est pourquoi nous pensons que la transformation numérique fera également émerger une nouvelle génération de services applicatifs, plus intelligents, plus automatisés et davantage capables d’agir sur la base des enseignements issus d’analyses avancées.

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Mots-clés : 2019, Office of the CTO

À propos de l’auteur

Lori Mac Vittie
Lori Mac VittieIngénieur émérite et évangéliste en chef | F5

Lori MacVittie est ingénieure émérite et évangéliste en chef au sein du bureau du directeur technique de F5. Elle possède une expertise approfondie dans la fourniture d’applications, les stratégies d’automatisation et les infrastructures. Elle est réputée pour sa capacité à rendre la complexité intelligible, qu’elle définisse des garde-fous pour les agents d’IA, analyse des architectures multicloud fragiles ou explore les limites des systèmes évolutifs. Elle cumule plus de trente ans d’expérience dans le secteur, couvrant le développement d’applications, l’architecture informatique ainsi que l’exploitation des réseaux et des systèmes. Avant de rejoindre F5, elle a été rédactrice spécialisée dans les technologies et a reçu plusieurs distinctions. MacVittie est titulaire d’un master en informatique et est une autrice prolifique dont les publications couvrent la sécurité, le cloud et l’architecture d’entreprise. Elle est également une passionnée de jeux de société et de jeux vidéo, et assume pleinement ses avis bien tranchés sur le fromage.

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