La nécessité de faire évoluer les opérations

Écosystème F5 | 11 janvier 2022
Évolution des opérations

À l’heure actuelle, l’un des termes les plus en vogue est « AIOps ». Il est utilisé pour désigner aussi bien les technologies sous-jacentes — plateformes de données opérationnelles et d’analyse — que les outils nécessaires pour automatiser les réponses, autrement dit l’automatisation.

Trop souvent, le terme « AIOps » est assimilé à une seule de ces technologies, alors qu’en réalité, l’AIOps est une approche globale des opérations dont l’unique objectif est de permettre la création d’applications adaptatives. Autrement dit, des applications qui s’adaptent aux conditions afin de maintenir leur disponibilité, d’optimiser leurs performances et de garantir leur sécurité.

En effet, l’AIOps ne se résume pas à l’automatisation. Il ne s’agit pas non plus uniquement de télémétrie (données opérationnelles) ou d’informations révélées par l’apprentissage automatique.

Il ne s’agit absolument pas de supprimer des emplois. L’AIOps joue un rôle de plus en plus important en tant que multiplicateur de force, permettant à une équipe opérationnelle de taille raisonnable de gérer le portefeuille croissant d’une entreprise numérique.

Dans le domaine des opérations, l’IA vise à permettre aux équipes opérationnelles de faire évoluer, de sécuriser et de fournir efficacement le portefeuille croissant de services et de produits numériques nécessaires au fonctionnement des entreprises dans un monde où le numérique est devenu la norme. Les opérations ont besoin de l’assistance des machines pour deux raisons :

  1. Les organisations font déjà état d’une augmentation vertigineuse des pénuries de compétences liées à l’automatisation au cours de l’année écoulée (2020 → 2021). Augmenter les effectifs pour résoudre le problème n’a jamais été une bonne solution, mais il est de plus en plus difficile non seulement de trouver les bonnes personnes, mais aussi celles qui possèdent les compétences requises.
  2. Les portefeuilles, y compris les services de sécurité et de mise à disposition, sont de plus en plus répartis entre le cloud, le cœur de réseau et la périphérie. Notre étude annuelle révèle une forte répartition entre tous les emplacements de déploiement possibles, la périphérie étant déjà utilisée pour 9 % des applications et 26 % des services de mise à disposition et de sécurité.

Même avec des approches opérationnelles modernes (SRE, cloud), les changements apportés par les équipes d’exploitation restent principalement pilotés par des êtres humains. Les décisions opérationnelles sont prises par des humains, codifiées par des humains et mises en production par des humains. Tout comme les applications développées selon des méthodologies agiles ont fini par se heurter à des modèles de déploiement transactionnels (traditionnels) pour fournir des services numériques, nos modes de fonctionnement sont hybrides. Les changements de configuration sont communiqués de manière très transactionnelle : des êtres humains remplissent un « formulaire », puis le soumettent à un système automatisé en vue du déploiement.

Il n’est pas surprenant que 63 % des dirigeants déclarent que la mise en place de l’infrastructure des pipelines implique trop de processus manuels. Nos propres recherches menées en 2021 ont révélé qu’une proportion extrêmement faible d’organisations exploitent aujourd’hui leur infrastructure et leurs applications selon les pratiques SRE. Pourtant, les responsables informatiques et métiers préféreraient que ces processus soient automatisés. Les capacités techniques existent aujourd’hui. Les systèmes sont désormais capables d’ingérer et de traiter les données pertinentes, puis de définir une politique appropriée. Associée à la possibilité d’appliquer ces politiques au moyen d’API qui ajustent les conditions d’exploitation, l’automatisation des processus manuels restants au sein d’un pipeline par ailleurs continu est tout à fait à portée de main.

Cependant, la capacité d’adaptation automatique exige des changements majeurs dans l’ensemble du système d’information. Elle ne peut pas être simplement ajoutée après coup, comme nous avons tenté de le faire par le passé. Par exemple, pour répondre aux besoins en télémétrie, nous nous sommes longtemps appuyés sur des solutions de supervision traditionnelles nécessitant des agents et des simulations. Cette approche entraîne une surcharge inacceptable en matière de coûts d’exploitation et de temps lorsque les charges de travail sont mobiles et, dans le cas des conteneurs, éphémères. L’instrumentation native des infrastructures, des plateformes et des applications doit devenir la norme pour permettre une architecture adaptative en temps réel.

De même, nous avons constaté que les initiatives et solutions de sécurité ne parvenaient pas à contrer les nouvelles attaques, car il s’agit trop souvent de mesures provisoires mises en place seulement après la découverte de la menace. Une sécurité intégrée et une gouvernance globale sont nécessaires pour garantir l’adaptabilité des mesures de sécurité face à la menace constante que représentent des attaques en perpétuelle évolution.

Il est donc nécessaire de faire évoluer les opérations. Un modèle opérationnel mixte ne pourra pas évoluer à l’échelle requise pour répondre aux besoins d’une entreprise entièrement numérisée. L’intégration de décisions et de tâches manuelles, réalisées par des humains, dans un système automatisé perturbe son fonctionnement, empêche de prévoir les délais de mise en œuvre des changements et introduit un risque d’erreur humaine.

Pour remédier à cette inefficacité et atténuer les risques, il est nécessaire d’adopter une approche plus adaptative de l’architecture. Une approche permettant aux applications de se développer, de se réduire, de se protéger et de se réparer d’elles-mêmes selon les besoins, avec peu ou pas d’intervention humaine.

Imaginez une entreprise qui, tel un organisme vivant, s’adapte naturellement à son environnement. Ses produits et services se développent, se réduisent, se défendent et se réparent d’eux-mêmes selon les besoins. Voilà l’avenir de l’entreprise fondée sur l’IA.
—Geng Lin, directeur technique de F5

La caractéristique déterminante de la prochaine évolution des opérations est l’adaptabilité, que nous appelons les « applications adaptatives ».

Les Adaptive Apps ne sont pas un produit. Elles ne peuvent pas être achetées clés en main et déployées sur un serveur. Il s’agit d’une approche architecturale visant à repenser les opérations afin de favoriser l’adaptabilité de l’organisation numérique. Autrement dit, celle des applications et services qui constituent aujourd’hui la vitrine numérique de l’entreprise.

Il ne s’agit pas d’un changement mineur. Les bouleversements provoqués par la première vague d’Internet, lorsque les organisations se sont empressées de « se mettre en ligne », se reproduiront à mesure qu’elles chercheront à fonctionner comme des entités entièrement numériques. Des données opérationnelles devront être générées par chaque système concerné (instrumentation), puis intégrées à une plateforme de données consolidée, où l’apprentissage automatique les analysera afin de mettre au jour des relations et des schémas cachés, et d’en tirer des enseignements et des informations essentiels à la sécurité, à la disponibilité et aux performances des applications et des services numériques. Ces informations et ces enseignements devront ensuite entraîner des modifications de l’infrastructure, des applications et des systèmes, afin d’ajuster automatiquement les politiques et les configurations pour bloquer les attaques, remédier aux défaillances et optimiser les performances.

Ces capacités sont vastes et nécessiteront davantage d’efforts qu’une simple migration vers le cloud ou une distribution en périphérie. Le cœur d’une entreprise numérique — son architecture d’entreprise — doit se moderniser afin d’intégrer les éléments qui n’avaient pas été pris en compte parce qu’ils n’existaient pas auparavant, mais qui sont désormais indispensables pour prendre en charge l’apprentissage automatique, les applications distribuées et l’automatisation dans les environnements centraux, cloud et périphériques.

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Pour en savoir plus sur la modernisation de l’informatique, notamment des opérations, vous pouvez obtenir gratuitement un exemplaire de l’ouvrage Enterprise Architecture for Digital Business publié par O’Reilly sur f5.com/dea.

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Mots-clés : Office of the CTO

À propos de l’auteur

Lori Mac Vittie
Lori Mac VittieIngénieur émérite et évangéliste en chef | F5

Lori MacVittie est ingénieure émérite et évangéliste en chef au sein du bureau du directeur technique de F5. Elle possède une expertise approfondie dans la fourniture d’applications, les stratégies d’automatisation et les infrastructures. Elle est réputée pour sa capacité à rendre la complexité intelligible, qu’elle définisse des garde-fous pour les agents d’IA, analyse des architectures multicloud fragiles ou explore les limites des systèmes évolutifs. Elle cumule plus de trente ans d’expérience dans le secteur, couvrant le développement d’applications, l’architecture informatique ainsi que l’exploitation des réseaux et des systèmes. Avant de rejoindre F5, elle a été rédactrice spécialisée dans les technologies et a reçu plusieurs distinctions. MacVittie est titulaire d’un master en informatique et est une autrice prolifique dont les publications couvrent la sécurité, le cloud et l’architecture d’entreprise. Elle est également une passionnée de jeux de société et de jeux vidéo, et assume pleinement ses avis bien tranchés sur le fromage.

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