Si le battage marketing a un quelconque sens, alors le secteur a admis que l’entreprise est, dans l’ensemble, hybride.
Le terme « hybride » est lourd de sens, tout comme le cloud, l’edge et même l’IA. Mais en général, nous utilisons « hybride » pour désigner « quelque chose composé de deux éléments différents ». Si vous préférez, remplacez « hybride » par « hétérogène » : cela revient pratiquement au même.
Par exemple, un portefeuille d’applications hybrides désigne l’ensemble des applications gérées par une organisation, qui comprend à la fois des applications modernes (mobiles, microservices) et traditionnelles (client-serveur, monolithiques, web à trois niveaux).
Nous appliquons cette même terminologie à d’autres aspects de l’entreprise, tels que les architectures, les opérations et même les environnements dans lesquels les organisations choisissent de déployer et d’exploiter leurs applications.
Pourquoi est-il important de reconnaître les « choses » hybrides ? Parce que tout ce qui est hybride fait apparaître des défis particuliers qui ne se posent pas lorsque l’on se contente de développer, déployer, exploiter ou sécuriser une seule « chose ». L’hétérogénéité implique des équipes, des outils, des pratiques et des processus différents.
Et voilà, les enfants, d’où vient la complexité.
C’est exactement la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui l’entreprise type : dépassée par la complexité d’un fonctionnement hybride, tout en reconnaissant que ce modèle restera incontournable dans un avenir prévisible.
Lorsque nous examinons l’entreprise type sous cet angle, nous constatons que les organisations sont résolument, indéniablement et incontestablement hybrides, quel que soit l’aspect considéré.

Des portefeuilles d’applications aux architectures, des modèles opérationnels aux environnements, chaque entreprise doit relever les défis liés à au moins une forme d’hétérogénéité — et généralement à plusieurs.
L’hybride a une incidence sur tous les aspects de l’entreprise, de la stratégie à l’exécution. Il suscite un intérêt pour des technologies et des tendances qui visent fondamentalement à résoudre la complexité liée à l’exploitation d’infrastructures, d’applications et d’opérations hétérogènes.
Les répondants qui nous ont indiqué que plusieurs composants d’une même application s’exécutaient dans plusieurs clouds étaient plus susceptibles de s’enthousiasmer pour des technologies telles que GraphQL, la mise en réseau des microservices et les grands modèles de langage (LLM). Ils étaient également plus enthousiastes à l’égard de la mise en réseau multicloud, de la centralisation informatique et du supercloud ; autant de tendances visant à résoudre la complexité liée à la connexion, à la sécurisation et à la gestion de l’entreprise distribuée moderne.
La complexité des outils et des API constitue un défi presque omniprésent : cette année, 94 % des personnes interrogées indiquent qu’il s’agit du principal problème auquel elles sont confrontées dans un environnement multicloud. Mais la complexité liée à l’hétérogénéité se manifeste également ailleurs : plus de la moitié (52 %) des personnes interrogées citent la complexité des outils comme un obstacle à l’automatisation de la mise à disposition et de la sécurité des applications. Nous suivons en effet le déploiement de 30 services applicatifs distincts, allant de la sécurité réseau aux CDN, en passant par la VDI et les VPN SSL. Chacun d’entre eux affiche un taux de déploiement moyen de 93 %. Cela signifie que 93 % de l’ensemble des personnes interrogées ont déployé chacun de ces trente services applicatifs.
Ils ne sont pas tous interopérables ; en réalité, nombre d’entre eux relèvent de domaines totalement différents et reposent sur des approches distinctes en matière d’exploitation et de gestion. Telle est la réalité de l’hybride. Elle a toujours été là, sous l’apparence séduisante des applications, attendant d’être mise au jour par la transformation numérique.
Impossible d’échapper à l’hybride, à moins de miser entièrement sur un seul cloud public capable de fournir tous les services nécessaires à l’exploitation, à la mise à disposition et à la sécurisation des applications. Nous ne pensons pas que cette approche soit en passe de devenir une tendance. Seules 2 % des organisations ont fait ce choix et, parmi celles-ci, seules 34 % ont lié leur avenir à un unique fournisseur de cloud. Les organisations qui mettent tous leurs œufs dans le même panier en misant exclusivement sur un seul cloud public font figure d’exception.
Les environnements informatiques des entreprises sont distribués, multiclouds et hybrides.
Cela signifie que les solutions traditionnelles doivent elles aussi devenir des services distribués, multicloud et hybrides, capables d’assurer véritablement la mise à disposition, la sécurisation et l’optimisation de chaque application et de chaque API, partout.
Pour en savoir plus sur l’informatique hybride et ses défis, notamment sur la manière dont les organisations y répondent, consultez notre rapport 2024 sur l’état de la stratégie applicative.
À propos de l’auteur

Lori MacVittie est ingénieure émérite et évangéliste en chef au sein du bureau du directeur technique de F5. Elle possède une expertise approfondie dans la fourniture d’applications, les stratégies d’automatisation et les infrastructures. Elle est réputée pour sa capacité à rendre la complexité intelligible, qu’elle définisse des garde-fous pour les agents d’IA, analyse des architectures multicloud fragiles ou explore les limites des systèmes évolutifs. Elle cumule plus de trente ans d’expérience dans le secteur, couvrant le développement d’applications, l’architecture informatique ainsi que l’exploitation des réseaux et des systèmes. Avant de rejoindre F5, elle a été rédactrice spécialisée dans les technologies et a reçu plusieurs distinctions. MacVittie est titulaire d’un master en informatique et est une autrice prolifique dont les publications couvrent la sécurité, le cloud et l’architecture d’entreprise. Elle est également une passionnée de jeux de société et de jeux vidéo, et assume pleinement ses avis bien tranchés sur le fromage.
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