Le nouveau défi du multicloud hybride : fonctionner sans plateforme de mise à disposition et de sécurisation des applications

Tendances du secteur | 02 avril 2026

Le multicloud, ou le cloud hybride si vous préférez, est la norme depuis des années. Cet aspect ne fait plus débat. En revanche, la manière dont les organisations répartissent leurs applications entre ces environnements continue d’évoluer, tout comme les raisons pour lesquelles ces changements ont une incidence sur les opérations.

Notre dernière étude révèle un portefeuille réparti de manière presque égale entre applications modernes et traditionnelles. En moyenne, 53 % des applications d’entreprise sont désormais modernes, tandis que 47 % restent traditionnelles. Ce seul équilibre devrait suffire à dissiper l’idée que les systèmes existants ont disparu. Ce n’est pas le cas. Ils ont simplement été repositionnés.

Le signal le plus intéressant n’est pas la répartition, mais les évolutions qui s’opèrent en son sein.

L’abandon discret des infrastructures traditionnelles sur site

Lorsque l’on compare l’environnement dans lequel les applications sont déployées aujourd’hui à celui dans lequel les organisations souhaitent les déployer, un changement se démarque.

Les organisations prévoient de réduire la part des déploiements traditionnels sur site, qui passerait de 18,0 % aujourd’hui à un niveau idéal de 15,2 %.

Cet écart ne se reporte pas intégralement sur le cloud. Il se traduit plutôt par une croissance du cloud sur site, qui passe de 17,6 % aujourd’hui à un niveau idéal de 18,4 %. Le cloud public et le SaaS progressent également de façon modeste, mais la transition la plus révélatrice s’opère au sein même du centre de données.

Cela témoigne d’une démarche de modernisation délibérée. Les organisations n’abandonnent pas leurs environnements sur site. Elles repensent leur mode de fonctionnement en transférant les charges de travail de plateformes statiques, étroitement liées à l’infrastructure, vers des modèles opérationnels de type cloud qui favorisent l’automatisation, les API et une évolution plus rapide.

La colocation et l’edge computing restent relativement stables. Cette stabilité confirme le constat : il ne s’agit pas d’une stratégie de relocalisation généralisée, mais d’une évolution architecturale.

La modernisation change la donne en matière de fourniture d’applications

À mesure que la proportion d’applications modernes augmente, les hypothèses qui facilitaient autrefois la mise à disposition et la sécurisation des applications ne sont plus valables.

Auparavant, l’utilisation de services cloud impliquait souvent de bénéficier par défaut de fonctionnalités de mise à disposition et de sécurité. L’équilibrage de charge, le protocole TLS, la protection contre les attaques DDoS et les contrôles d’accès de base étaient inclus. Cette commodité masquait la complexité au lieu de la supprimer.

À mesure que les organisations répartissent leurs applications entre les solutions SaaS, le cloud public, le cloud sur site et les environnements traditionnels encore en place, cette simplicité implicite disparaît. Chaque environnement possède ses propres contrôles, offre un niveau de visibilité différent et repose sur des modèles de politiques distincts.

Il en résulte des frictions opérationnelles.

Les équipes doivent désormais gérer plusieurs plans de contrôle, des niveaux de sécurité disparates et des modes de déploiement qui varient selon l’emplacement plutôt que selon l’intention. C’est là que se révèle le véritable coût de l’hybride : non pas dans les dépenses d’infrastructure, mais dans le manque de cohérence opérationnelle.

La pensée plateforme redonne un effet de levier

Les organisations qui réussissent cette transition tendent à adopter la même approche. Elles cessent de considérer la mise à disposition et la sécurité des applications comme des fonctionnalités propres à chaque environnement et commencent à les envisager comme une plateforme.

Une approche fondée sur une plateforme n’élimine pas les différences entre les environnements, mais elle en fait abstraction. Les politiques sont définies une seule fois et appliquées partout. La gestion du trafic suit l’application, et non l’infrastructure. La posture de sécurité reste cohérente, même lorsque l’exécution diffère.

Cela permet de retrouver bon nombre des avantages promis par l’adoption initiale du cloud : rapidité, cohérence et réduction de la charge opérationnelle, sans imposer que les applications soient hébergées dans un seul et même environnement.

Plus important encore, une approche fondée sur une plateforme permet d’aligner la mise à disposition et la sécurité sur la réalité actuelle des portefeuilles : distribués, hétérogènes et en constante évolution.

La réalité de l’exploitation des environnements hybrides

L’hybride n’est pas une phase transitoire. C’est la réalité opérationnelle.

Les données le montrent clairement. Les charges de travail continuent de migrer, notamment des environnements traditionnels sur site vers des modèles de type cloud. Les applications modernes poursuivent leur essor, mais les applications traditionnelles perdurent et resteront présentes pendant des années.

La vraie question est de savoir si la mise à disposition et la sécurité des applications évoluent au même rythme.

Les organisations qui s’appuient sur des outils propres à chaque environnement continueront à rencontrer des difficultés à mesure que leurs portefeuilles évoluent. Celles qui investissent dans une plateforme unifiée gagnent en cohérence et en maîtrise, et peuvent déplacer leurs charges de travail sans avoir à réécrire leurs procédures opérationnelles.

La répartition des applications atteint un point d’équilibre. Le modèle opérationnel qui les prend en charge doit en faire autant.

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À propos de l’auteur

Lori Mac Vittie
Lori Mac VittieIngénieur émérite et évangéliste en chef | F5

Lori MacVittie est ingénieure émérite et évangéliste en chef au sein du bureau du directeur technique de F5. Elle possède une expertise approfondie dans la fourniture d’applications, les stratégies d’automatisation et les infrastructures. Elle est réputée pour sa capacité à rendre la complexité intelligible, qu’elle définisse des garde-fous pour les agents d’IA, analyse des architectures multicloud fragiles ou explore les limites des systèmes évolutifs. Elle cumule plus de trente ans d’expérience dans le secteur, couvrant le développement d’applications, l’architecture informatique ainsi que l’exploitation des réseaux et des systèmes. Avant de rejoindre F5, elle a été rédactrice spécialisée dans les technologies et a reçu plusieurs distinctions. MacVittie est titulaire d’un master en informatique et est une autrice prolifique dont les publications couvrent la sécurité, le cloud et l’architecture d’entreprise. Elle est également une passionnée de jeux de société et de jeux vidéo, et assume pleinement ses avis bien tranchés sur le fromage.

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